Retranscription de la vidéo INTRODUCTION À L’UC Les technologies digitales ont largement transformé notre société, mais aussi le monde entier. Elles commencent à entrer massivement dans les grandes organisations publiques et privées à partir des années 60 du XXème siècle, et ce mouvement s'est considérablement accéléré dans les années 80 avec l'introduction du micro-ordinateur dans les entreprises, puis dans nos foyers. Une décennie plus tard, Internet et les téléphones portables ont achevé cette révolution. Ces technologies, alliées à une puissance informatique toujours croissante, ont permis une croissance exponentielle des réseaux sociaux (qui eux, ont toujours existé) et leur ont donné d'emblée une dimension mondiale. La société connectée, que certains appellent l'ère digitale, était arrivée. Entre-temps, la robotique était largement entrée dans les usines et beaucoup de métiers sont devenus obsolètes, alors qu'en même temps d'autres étaient créés. Au XXIème siècle tout ceci a continué à se développer et une nouvelle vague de technologies digitales a fait son apparition ces dix dernières années. Dans cette Unité de Compétences nous allons faire un voyage à travers la naissance et le développement des technologies digitales, tout en ayant à chaque fois à l'esprit les nouvelles possibilités qu'elles nous ouvrent. Nous commencerons par l'histoire des machines à calculer, depuis les abaques jusqu'aux ancêtres de l'ordinateur,… et l'invention de l'ordinateur lui-même défini comme "machine à calculer électronique". Puis, nous verrons l'évolution de ces machines jusqu'à l'invention du micro-ordinateur et de l'Internet, deux points d'inflexion incontestables, pour conclure provisoirement avec l'infrastructure de technologies digitales que l'on peut trouver aujourd'hui dans la grande majorité des entreprises grandes et moyennes. Finalement, dans une troisième partie, nous passerons en revue les nouvelles technologies digitales, celles qui sont apparues ces dix dernières années et qui ouvrent de nouvelles possibilités de disruption ou d’utilisations innovantes à même de créer un avantage concurrentiel. 1 Nouvelles technologies digitales.
Retranscription de la vidéo LES MACHINES À CALCULER Abaques Les outils et machines à calculer existent depuis des millénaires. Les premiers outils ont été les abaques, mot latin venant du grec et de l'hébreu, et qui veut dire "table à poussière" ou, tout simplement, "poussière". Il désigne tout instrument mécanique plan facilitant le calcul. Auparavant, outre le fait de compter sur ses doigts, des cailloux disposés sur le sol ont constitué le moyen le plus simple de calcul. Rappelons que le mot "calcul" vient du latin calculus, qui signifie… caillou, et que cette acception est encore utilisée en médecine. Les premiers abaques apparaissent en Mésopotamie il y a plus de 4000 ans, mais on trouve aussi des abaques chez les grecs, les romains, les égyptiens, les indiens, les japonais et les chinois (qui utilisaient des bâtonnets). Cet instrument était utilisé par des peuples très largement séparés au point de vue géographique et l'on peut penser qu'il a été inventé indépendamment dans différents endroits. Au premier siècle de notre ère, les romains ont construit un abaque portable, une plaquette métallique avec des rainures parallèles où l'on faisait glisser des boutons de même taille. On se rapproche alors du boulier, le plus connu des abaques. Boulier Le boulier est un abaque formé d'un cadre rectangulaire muni de tiges où coulissent des boules. Le plus connu, le boulier chinois, apparaît relativement tard, pendant notre Moyen Âge, au XIIème ou XIIIème siècles. Ces instruments permettent de faire les quatre opérations de base – addition, soustraction, multiplication et division –, mais aussi l'extraction de racines carrées et cubiques. 1.
Autres outils … Dans l'Antiquité et le Moyen Âge, on a eu d'autres outils comme l'astrolabe des grecs et les tables de calcul astronomique. Plus tard, au XVIIe siècle, John Napier introduisit les logarithmes et les tables de logarithmes. C'est sur cette base que fut inventée (toujours au XVIIème siècle) la règle à calcul, outil qui resta en usage jusqu'à l'invention de la calculatrice électronique dans les années 70 du XXème siècle, plus de 4 siècles plus tard! Jusqu'à la calculatrice électronique, les tables numériques et les outils mécaniques se multiplient, mais le calcul devient vite fastidieux. C'est ainsi que l'on se tourne vers l'automatisation des calculs, c'est-à-dire vers la création de machines à calculer. Pascaline On date la création de la première machine à calculer de l'invention de la Pascaline, machine inventée en 1642 (à l'âge de 16 ans !) par le mathématicien et philosophe Blaise Pascal afin de faciliter le travail de son père qui venait d'être nommé Surintendant de Normandie par le Cardinal de Richelieu. Ce fut la première machine à calculer mécanique ; elle fonctionnait avec des roues et des engrenages. Au XIXème et XXème siècles, de nombreuses machines à calculer mécaniques et électromécaniques sont inventées et produites industriellement. Elles n'en demeurent pas moins des successeurs de la Pascaline. Les ruptures ont eu lieu en parallèle du développement des machines à calculer mécaniques. Cartes perforées En 1801, Joseph Marie Jacquard a mis au point un métier à tisser dans lequel le motif à tisser était contrôlé par un ruban de papier construit à partir de cartes perforées. Le ruban de papier pouvait être changé sans modifier la conception mécanique du métier. Ce fut une réalisation historique en matière de programmation. Sa machine représentait une amélioration par rapport aux métiers à tisser similaires. Les cartes perforées étaient précédées de bandes perforées et ces bandes allaient inspirer l'enregistrement d'informations pour les pianos Nouvelles technologies digitales 2.
automatiques et, plus récemment, pour les machines-outils à commande numérique et les ordinateurs. Les cartes perforées furent utilisées en particulier par l'ingénieur américain Herman Hollerith, qui vers la fin du XIXème siècle travaillait en tant que statisticien au Bureau Américain du Recensement. Hollerith a inventé une machine qui pouvait lire des données stockées sur des cartes perforées. Pour traiter ces cartes perforées, il a inventé la tabulatrice et la machine à perforer. Ses machines utilisaient des relais et des compteurs électromécaniques. La méthode de Hollerith a été utilisée lors du recensement américain de 1890. Ce recensement a été traité deux fois plus vite que le précédent. En 1896, Hollerith crée la Tabulating Machine Company. En 1911, quatre sociétés, dont celle d'Hollerith, ont fusionné pour former une nouvelle entreprise qui, en 1924, allait devenir International Business Machines (IBM). Machine de Babbage Mais le véritable ancêtre des ordinateurs, en tant que calculateurs (computers) est la machine analytique de Charles Babbage. En 1834, ce mathématicien anglais conçut une machine à calculer programmable. Il la dote de mémoires, d'imprimantes, d'une unité centrale de calcul (avec une unité arithmétique et logique, un contrôle du flux de données sous forme de branchement conditionnel et de boucles, et une mémoire intégrée), d'un lecteur de cartes Jacquard pour les données et d'un autre pour les cartes de programmes. Il crée ainsi le premier langage machine de programmation. Les programmes ont été écrits par Ada Lovelace, la fille du poète et homme politique anglais Lord Byron. Travaillant avec Babbage, elle a été la première à reconnaître que la machine avait des applications allant au-delà du pur calcul, et a publié le premier algorithme destiné à être exécuté par une telle machine. En conséquence, elle est largement considérée comme la première à reconnaître le futur potentiel des ordinateurs et probablement comme le premier programmeur informatique de l'Histoire. Un langage de programmation – ADA – porte son nom en hommage. La machine de Babbage ne fut jamais construite de son vivant, mais cent ans plus tard, en 1937. Celle que l'on voit ici a été faite beaucoup plus tard et on la trouve au Science Museum de Londres l'ingénieur américain Howard Aiken en fit mention plusieurs fois quand il convainquit IBM de se lancer dans le développement de calculateurs électromécaniques avec la Nouvelles technologies digitales 3.
construction de l'IBM ASCC (Automatic Sequence Controlled Calculator) pour l'Université de Harvard, et rebaptisé Harvard Mark 1 par l'Université du même nom. Cette machine, l'un des premiers calculateurs universels, qui était véritablement automatique (une fois lancée elle n'avait besoin d'aucune intervention humaine) ne disposait toutefois que de possibilités de programmation très limitées. Machine de Turing Ce fut finalement un autre mathématicien anglais, Alan Turing, qui a formalisé dans les années 30 du XXème siècle le concept d'algorithme dans une machine, avec la brillante création intellectuelle appelée “Machine de Turing”, un dispositif qui manipule des symboles sur un ruban selon une table de règles. Grâce à cette contribution, Turing est largement considéré comme le père de l'informatique théorique. Sur ces bases, Alan Turing construisit une machine électromécanique avec laquelle lui et son équipe ont cassé les codes secrets des nazis lors de la Deuxième Guerre Mondiale, à Bletchley Park, à 64 kilomètres au nord de Londres. Cette histoire est très bien racontée dans le film «The Imitation Game». Toutes les bases pour construire des machines à calculer complètement automatiques et programmables existaient à la fin des années 30 du XXème siècle. Sans surprise, ce fut juste après la Deuxième Guerre Mondiale que le premier ordinateur fut construit. Nouvelles technologies digitales 4.
Retranscription de la vidéo ENIAC, LE PREMIER ORDINATEUR Le premier ordinateur De même que tant d'autres techniques ou technologies, les technologies digitales ont une origine militaire. Le premier ordinateur fut conçu et fabriqué pendant le Deuxième Guerre Mondiale, dans l'Université de Pennsylvanie, dans le cadre d'un projet financé par l'armée des États-Unis d'Amérique pour le calcul de tables d'artillerie. Après la guerre, en janvier 1946, on a présenté au public l'ENIAC (Electronic Numerical Integrator and Computer). L’ENIAC L'ENIAC était une machine de Turing et utilisait une architecture conçue par John von Neumann (mathématicien hongrois naturalisé américain). Encore aujourd'hui, tout ordinateur peut être considéré comme une "machine de von Neumann”. Par rapport aux précédentes machines à calculer, l'ENIAC a été une rupture. Pourquoi ? Parce que l'ENIAC était une machine électronique, alors que jusque-là les machines à calculer étaient mécaniques ou électromécaniques, comme la Machine Analytique de Babbage, ou comme la machine construite par Alan Turing et son équipe lors de la Deuxième Guerre Mondiale. Caractéristiques de l’ENIAC La fabrication de l'ENIAC a été possible grâce aux progrès de l'électronique. Celle-ci était utilisée dans la téléphonie, la radio et (plus tard) la télévision. Dans la fabrication de l'ENIAC on a utilisé des lampes à diode sous vide pour matérialiser le langage binaire à base de 0 et de 1, lampes qui, dans ce cas, servaient de cellules mémoire à la place des roues dentées utilisées jusqu'alors. 1.
Ce premier ordinateur pesait plus de 25 tonnes, occupait une surface de 167 m2 (la surface d'un terrain de volleyball) et était infiniment moins puissant que n'importe quel ordinateur personnel, ou même smartphone, d'aujourd'hui. À titre d'exemple, si l'ENIAC pouvait exécuter 5000 instructions par seconde, un iPhone peut en exécuter 25 milliards. Mais il était beaucoup plus puissant que les machines électromécaniques, et surtout qu'un calculateur humain. En effet, l'ENIAC avait une vitesse de l'ordre de mille fois supérieure à celle des machines électromécaniques ; c'est cette puissance de calcul, associée à une programmation polyvalente, qui a enthousiasmé les scientifiques et les industriels. Comparaison avec d’autres machines À titre de comparaison, lorsqu'un être humain ou une machine de Babbage pouvait calculer une multiplication de nombres à 10 chiffres en 5 minutes, le Harvard Mark 1 (calculateur électromécanique) pouvait faire cette multiplication en seulement 3 secondes. Mais l'ENIAC la faisait en un millième de seconde ! De même, lorsqu'un être humain ou une machine de Babbage pouvait calculer une trajectoire de tir en deux jours et demi, le Harvard Mark 1 pouvait faire cette opération en seulement 2 heures. Mais l'ENIAC la faisait en 3 secondes ! Pionnières Entre 1944 et 1955, six femmes - Kathleen Antonelli, Jean Bartik, Betty Holberton, Marlyn Meltzer, Frances Spence et Ruth Teitelbaum - sont les premières personnes à programmer l'ENIAC, pour un calcul balistique. Elles sont toutes mathématiciennes. Betty Holberton est en plus journaliste, ce qui lui permettait de voyager. Kathleen Antonelli et Frances Spence sont recrutées en 1942 par l’armée américaine pour calculer manuellement les trajectoires de tir. Marlyn Meltzer et Ruth Teitelbaum sont également calculatrices. Elles travaillent sur l'ENIAC à partir de 1944. Il s'agit d'identifier les différentes étapes du calcul et ensuite de câbler physiquement la machine. Ruth Teitelbaum, Frances Spence et Kathleen Antonelli poursuivirent leur travail sur l’ENIAC. Toutefois, les postes de travail de “programmeur” et “d'opérateur” n'étaient pas considérés à l'époque comme des professions adaptées aux femmes. La pénurie de main-d'œuvre créée par la Seconde Guerre mondiale a permis l'entrée des femmes dans ce domaine. Nouvelles technologies digitales 2.
Néanmoins, ces femmes n'ont pas reçu de reconnaissance pour leur travail sur l'ENIAC au cours de leur vie. Le documentaire “The Computers” réalisé en 2013 par Kathy Kleiman leur rend hommage. L’ENIAC, une très grosse machine Physiquement l'ENIAC était une très grosse machine. Il contenait 17 468 tubes à vide, 7200 diodes à cristal, 1500 relais, 70 000 résistances, 10 000 condensateurs et environ 5 millions de soudures faites à la main. Certains experts en électronique prédirent que les tubes tomberaient en panne si fréquemment que la machine en serait inutilisable. La prédiction n'était que partiellement correcte, de nombreux tubes brûlaient chaque jour laissant l'ENIAC inopérant la moitié du temps. La plupart des problèmes liés aux tubes se produisaient au démarrage ou à l'arrêt de la machine, car à ces moments là ils sont soumis à un important stress thermique. La plus longue période de calcul sans panne est atteinte en 1954 avec 116 h, ce qui est une prouesse compte tenu de la technologie de l'époque. Origine du « bug » Une cause fréquente de panne était la combustion d'un insecte sur un tube chaud, provoquant un stress thermique local et la rupture de l'ampoule de verre. Le terme anglais désignant un insecte est bug. Ce terme, par extension, est devenu synonyme de dysfonctionnement informatique. Cette technologie a été utilisée jusqu'en 1958, date à laquelle est inventé le transistor, mettant fin ainsi à ce que l'on appelle la première génération d'ordinateurs (caractérisée par la technologie des lampes à diode sous vide, ou “tubes à vide”). Nouvelles technologies digitales 3.
Retranscription de la vidéo 4 GÉNÉRATIONS D’ORDINATEURS Première génération L'ENIAC était une machine dont la technologie de base était les lampes à diode sous vide pour matérialiser le langage binaire à base de 0 et de 1 (le courant passe dans la lampe, c'est 1 ; le courant ne passe pas, c'est 0). Cette technologie a caractérisé ce que l'on appelle la première génération d'ordinateurs. Les machines de cette première génération étaient toujours très grosses, lourdes, et chères. Elles ont été surtout construites aux États-Unis, mais aussi au Royaume-Uni, en France (en 1954) et en Union Soviétique, presque toujours dans un objectif de calcul scientifique et technique. À cette époque, les “computers” étaient essentiellement cela : des calculateurs. Les années 50 voient IBM se lancer massivement dans la fabrication d'ordinateurs. Ainsi, en avril 1952, IBM produit son premier ordinateur scientifique, l'IBM 701, pour la défense américaine et dont 19 machines seront installées au total. En juillet 1953, l'entreprise lance l'IBM 650, premier ordinateur commercial (ou de gestion), qui coûtait 500 000 dollars ou pouvait être loué 3500 dollars par mois. Environ 2000 unités furent produites jusqu'en 1962. En avril 1955, IBM lance le 704, ordinateur scientifique (son pendant commercial sera le 705) qui pouvait exécuter 40 000 instructions par seconde (à comparer avec les 5000 instructions par seconde que pouvait exécuter l'ENIAC), et dont 123 exemplaires seront vendus jusqu'en 1960. On le voit, dès les débuts de l'informatique, les applications de gestion ont été un marché bien plus prometteur que les applications scientifiques. 1.
Deuxième génération La deuxième génération d'ordinateurs est basée sur l'invention du transistor, en 1947, par trois physiciens des Laboratoires Bell qui reçurent pour cette invention le Prix Nobel de Physique de 1956. Un transistor est un dispositif semi-conducteur à trois électrodes actives, qui est un composant fondamental des appareils électroniques et des circuits logiques. Leur utilisation dans les ordinateurs a commencé 10 ans plus tard, vers la fin des années 50. Cela permit de remplacer le fragile et encombrant tube à vide par un composant plus petit et plus fiable. En effet, le transistor a permis de réaliser les mêmes fonctions mais avec des avantages certains : ● Taille beaucoup plus petite, ● Fiabilité beaucoup plus grande, ● Nécessite beaucoup moins d'énergie, donc chauffe beaucoup moins, ● Coût beaucoup plus faible. Les ordinateurs à base de transistors sont considérés comme la deuxième génération et ont dominé l'informatique de la deuxième moitié des années 1950 et début des années 1960. En avril 1955, IBM a annoncé l'ordinateur à transistor IBM 608, qui a été livré pour la première fois en décembre 1957. On considère l'IBM 608 comme la première machine informatique entièrement à semi-conducteurs à être commercialisée. Dès cette époque, IBM domine (et de loin) l'industrie informatique mondiale. Toutefois, d'autres entreprises - par exemple, DEC (Digital Equipment Corporation) et UNIVAC aux États-Unis - font leur chemin dans cette industrie qui se développe rapidement et dont l'essentiel de la valeur tient à la fabrication d'ordinateurs (ce n'est que beaucoup plus tard que le logiciel deviendra plus important, en valeur, que la fabrication d'ordinateurs). Troisième génération La troisième génération d'ordinateurs est celle des ordinateurs à circuit intégré, composant inventé en 1958 et 1959, à Texas Instruments et Fairchild respectivement. Nouvelles technologies digitales 2.
Le circuit intégré, aussi appelé puce électronique, est un composant électronique, basé sur un semi-conducteur, reproduisant une, ou plusieurs, fonction(s) électronique(s) plus ou moins complexe(s), intégrant souvent plusieurs types de composants électroniques de base dans un volume réduit (sur une petite plaque), rendant le circuit facile à mettre en œuvre. Sa caractéristique principale est d'être encore plus petit, plus fiable, et moins cher que le transistor. Depuis lors, c'est la même tendance. N'importe quel ordinateur d'aujourd'hui est beaucoup plus puissant, beaucoup plus rapide et beaucoup moins cher que l'ENIAC. C'est ce que l'on appelle la Loi de Moore. Ce n'est pas une loi au sens qu'a ce mot en sciences, mais une observation empirique formalisée par l'un des co-fondateurs d'Intel, Gordon Moore, en 1965, et qui ne s'est pas démentie jusqu'à nos jours. La loi de Moore dit que tous les deux ans le nombre de transistors dans un circuit intégré est multiplié par deux. La conséquence directe de la Loi de Moore est que les prix baissent en même temps que les prestations augmentent. Les premiers ordinateurs utilisant les circuits intégrés sont apparus en 1963. L'un de leurs premiers usages a été dans les systèmes embarqués, notamment par la NASA dans l'ordinateur de guidage d'Apollo et par les militaires dans les missiles balistiques intercontinentaux. Si jusque-là les ordinateurs étaient surtout utilisés pour des applications scientifiques et militaires, avec la troisième génération de nouvelles possibilités se sont ouvertes grâce au fait que le circuit intégré autorise le développement d'ordinateurs plus compacts et donc plus petits, plus rapides, plus performants, mais moins chers. C'est à partir de cette époque que l'utilisation de l'informatique explose. En 1964, IBM annonça la série 360, première gamme d'ordinateurs compatibles entre eux et première gamme à couvrir l'ensemble des domaines d'applications commerciales et scientifiques. Plus de 14 000 ordinateurs IBM 360 furent vendus jusqu'en 1970, date où on les remplaça par la série 370 beaucoup moins chère à puissance égale. On peut à bon droit affirmer qu'avec les séries 360 et 370 la transformation digitale des organisations (publiques et privées) a commencé à grande échelle. Mais aussi, en 1964, DEC lance le PDP-8, machine bien moins encombrante destinée tout d'abord aux laboratoires et à la recherche, et qui était assez petite pour tenir sur un chariot tout en effectuant 100 000 instructions par seconde. Le mini-ordinateur était né. Ce fut une innovation majeure dans les années 1960 et 1970. Il a apporté la puissance de calcul à un plus grand nombre d'organisations, et a donc permis l'informatisation de grosses PME, laboratoires Nouvelles technologies digitales 3.
de recherche, etc. Ceci non seulement grâce à sa taille plus réduite, donc plus pratique, mais aussi en élargissant le champ des fournisseurs. Grâce à la vision de ses dirigeants, Digital Equipment Corporation est ainsi devenu, avec ses systèmes informatiques PDP (surtout le PDP-11) et VAX, le deuxième fabricant mondial d'ordinateurs derrière IBM. Quatrième génération La quatrième génération d'ordinateurs est liée à l'invention du microprocesseur par Marcian Hoff (ingénieur américain et docteur en électronique) et Federico Faggin (physicien et inventeur italien, spécialisé en physique du solide). En pratique et à la différence des autres changements de génération, celle-ci constitua plus une évolution (presque passée inaperçue) qu'une révolution : les circuits s'étaient miniaturisés de plus en plus depuis l'invention du circuit intégré. La distinction existe toutefois. Le cœur d'un ordinateur est son unité centrale ou CPU (Central Processing Unit), qui contient l'unité de contrôle et l'unité arithmétique et logique. Un microprocesseur est un circuit intégré qui contient une CPU complète. Le microprocesseur caractérise donc la quatrième génération d'ordinateurs. Le premier microprocesseur fut créé en 1969, lorsque l'entreprise américaine Datapoint a conçu une CPU complète et a demandé à Texas Instruments et à Intel de la fabriquer dans un seul circuit intégré. Entre 1971 et 1974 les premiers microprocesseurs à 4 bits sont arrivés sur le marché : le PPS4 de Rockwell et notamment le 4004 d'Intel. Puis arrivèrent les microprocesseurs de 8 bits, notamment le 8080 d'Intel et le 6800 de Motorola. Finalement, en décembre 1974, une entreprise de l'État du Nouveau Mexique aux États-Unis a proposé un kit d'ordinateur conçu sur la base du microprocesseur 8080 d'Intel. Il s'appelait MITS-Altair et l'entreprise a été complètement débordée par le nombre de commandes avant d'avoir produit une première dizaine de kits. Une grande révolution allait avoir lieu : le micro-ordinateur était né. Nouvelles technologies digitales 4.
Retranscription de la vidéo INVENTION DU MICRO-ORDINATEUR Début Par définition, un micro-ordinateur est un ordinateur dont l'Unité Centrale est constituée par un microprocesseur. Le premier micro-ordinateur a été conçu, fabriqué, et commercialisé en France. La société REE (Réalisation d'Études Électroniques) conçut et fabriqua la série Micral, dont le premier fut le Micral N, commercialisé au début de 1973. En 1986, trois juges du Computer Museum de Boston – dont le co-fondateur d'Apple, Steve Wozniak - ont décerné le titre de «premier ordinateur personnel utilisant un microprocesseur» au Micral N. Ce microprocesseur était un Intel 8008, à 8 bits (binary digits, ou «chiffres binaires» ). Bit La définition communément admise est la suivante : le bit est l'unité la plus simple dans un système de numération, ne pouvant prendre que deux valeurs, désignées le plus souvent par les chiffres 0 et 1. Un bit peut représenter aussi bien une alternative logique, exprimée par Vrai et Faux, qu'un chiffre du système binaire. Dès le début des années 70, le besoin d'une structure commune pour le partage des données a fait que le byte de 8 bits d'où l'appellation française “octet”, s'est généralisée en informatique. Byte shop En 1976, Steve Jobs et Steve Wozniak vendent la carte de circuit imprimé de l'ordinateur Apple I, qui se distingue des autres ordinateurs de loisirs en kit de l'époque. Paul Terrell, propriétaire du Byte Shop à San Francisco, commande à Jobs et Wozniak 50 ordinateurs Apple I. La condition est que ces ordinateurs soient assemblés et testés, et produits en kit pour des fans de la micro-électronique. Paul Terrell veut vendre des ordinateurs à un large éventail d'utilisateurs. 1.
Ces ordinateurs n’étaient pas seulement destinés aux amateurs d'électronique expérimentés qui avaient les compétences nécessaires pour assembler un kit informatique. L'Apple I tel qu'il a été livré au Byte Shop était encore techniquement un ordinateur en kit, car il n'avait pas d'alimentation électrique, pas de boîtier et pas de clavier. Trinité de 1977 Un an après, paraît ce que le magazine Byte a appelé plus tard «La Trinité de 1977». Il s'agit du PET de Commodore, du TRS 80 de Tandy et de l'Apple II. Le TRS 80 est le plus vendu en 1978 (100 000 exemplaires), suivi par l'Apple II (seulement 23 000 exemplaires). Mais bientôt Apple va prendre la première place et 4 millions d'unités auront été vendues lorsque sa production prend fin en 1993. Apple computer L'histoire de cette dernière entreprise est typique de cette époque d'innovation affolante où l'industrie n'a pas encore vraiment pris le relais. C'est l'époque des pionniers et des histoires qui entrent dans la légende de l'innovation technologique. Au milieu des années 70, deux jeunes étudiants de l'Université de Berkeley, en Californie, Steve Jobs et Stephen Wozniak, conçurent et fabriquèrent un micro-ordinateur. Des amis et des voisins passèrent commande de quelques unités. Sentant le potentiel de leur machine, Jobs et Wozniak réunirent 1300 dollars et montèrent une petite fabrique dans un garage. Leur invention fut si appréciée que les demandes commencèrent à s'accumuler et il fallut monter une véritable entreprise, ce qui fut fait grâce à la disponibilité de capital-risque. Nouveau marché Le nouveau marché commence alors à attirer des milliers de personnes et les petites entreprises naissent comme des champignons. On remarque en particulier Osborne, qui crée le premier ordinateur portable, qui tient dans une petite valise. Le centre de toutes ces activités se fixe dans le comté de Santa Clara, au sud de San Francisco (Californie), dans ce que l'on appelle la Silicon Valley. Nouvelles technologies digitales 2.
Ici, se trouvaient déjà des grandes entreprises de circuits intégrés, comme Fairchild, Intel ou Hewlett Packard. Ce dernier, de même que Texas Instruments, ne tarda pas à entrer dans la fabrication de micro-ordinateurs, suivis par plusieurs entreprises d'électronique et d'informatique, comme Philips ou, quelques années plus tard, IBM. Grande erreur stratégique Quant à Digital Equipment Corporation (DEC), entreprise qui inventa le mini-ordinateur ce qui lui permit de devenir le deuxième fabricant d'ordinateurs au monde, derrière IBM, cette fois la vision de son fondateur Ken Olsen fît défaut, c'est le moins qu'on puisse dire. Fin 1977 il déclara : “Il n'y a aucune raison pour qu'un individu ait un ordinateur chez lui”. DEC essaya plus tard de corriger le tir, mais sans succès. En 1998 elle fut rachetée par Compaq, une entreprise créée en 1982 au Texas et dédiée seulement à la fabrication de micro-ordinateurs. ZX 80 Hors les Etats-Unis, il n'y eut pratiquement pas d'émules à cette époque, car les investisseurs français ne croyaient pas à cette industrie, ce qui empêcha le Micral de suivre la concurrence. Seul un anglais, Clive Sinclair, se lance vraiment dans la micro-informatique. Ingénieur et chercheur à Cambridge, il met au point un micro-ordinateur, le ZX80, qui va créer un phénomène de société en Grande Bretagne. En effet, sa machine est de dimensions très réduites, présente des performances honorables et surtout coûte moins de 100 livres sterling ! En peu de temps plus de 500 000 foyers britanniques achètent des ZX 80 ou son successeur, le Spectrum, qui coûte 175 livres sterling. Plus de la moitié des foyers britanniques qui s'équipent de micro-ordinateurs à l'époque l'ont été par les machines de Clive Sinclair, dont la force réside aussi dans la distribution. En effet, il est le premier en Europe à utiliser la vente par correspondance et dans les magasins "grand public". Grâce à Clive Sinclair, paraissent en Europe les Computers Stores, déjà connus aux États-Unis. On ne peut pas imaginer aujourd’hui quelle avancée technologique cela représentait à l'époque d'avoir un ordinateur que l’on pouvait poser sur une table, brancher à une prise électrique… et commencer à travailler. C'est comme si on nous disait aujourd'hui que l’on venait d’inventer une énergie éternelle, non polluante et disponible via un cube de 20 cm de côté. Un cube qui serait déconnecté du réseau électrique et transportable partout dans un sac à dos. Nouvelles technologies digitales 3.
Les premiers micro-ordinateurs étaient quelque chose d'incroyable, c'étaient des ordinateurs personnels ! Le micro-ordinateur est à l'informatique ce que la voiture individuelle est aux transports : l'incarnation de la liberté. Nouvelles technologies digitales 4.
Retranscription de la vidéo ESSOR DE LA MICRO-INFORMATIQUE Un marché mondial Si en 1977, il y avait près de 16 000 “micros” vendus dans le monde, en général à des hobbyists, en 1981 il y en avait plus de 2 millions et, en 1980, le chiffre d'affaires de l'industrie micro-informatique a été de 1,5 milliards de dollars. En quatre ans, la puissance et la fiabilité de ces machines avaient énormément augmenté. De plus, en 1981 apparaissent les microprocesseurs à 16 bits, notamment le 8088 d'Intel et le 68000 de Motorola, ce qui accéléra encore davantage la puissance de ces machines. IBM PC En 1981, IBM - alors leader incontesté de l'industrie informatique qui avait gardé ses distances avec le phénomène du micro-ordinateur - décide de fabriquer son propre micro-ordinateur (l'IBM PC, pour Personal Computer). Le virage fut décisif. En fait, l'entrée d'IBM sur le marché des micro-ordinateurs donna ses lettres de noblesse aux nouvelles machines. Le fait que «Big Blue» décide de fabriquer un micro-ordinateur le dote d'un caractère “sérieux”, propre à celle qui était alors la première compagnie informatique de la planète. Avec l'IBM PC, le micro-ordinateur est entré dans l'entreprise. Génie stratégique d'IBM La réputation d'IBM sera son meilleur argument de vente. Profitant de son immense réseau commercial et de son image de marque, IBM impose rapidement son micro-ordinateur, le PC, comme une référence. La machine n'est cependant pas une grande nouveauté du point de vue technologique. 1.
Construite autour d'un microprocesseur à 16 bits, le 8088 d' Intel, l'IBM-PC entraîne de tout son poids les autres constructeurs qui commencent à fabriquer des compatibles IBM, c'est à dire des micro-ordinateurs qui sont construits autour du même microprocesseur et qui acceptent tous les logiciels qui tournent sur l'IBM-PC. Le tout, bien sûr, tournant plus vite et coûtant moins cher que chez IBM. Ainsi, Commodore, Hewlett-Packard, Olivetti, et surtout les constructeurs d'Extrême-Orient, offrent des “compatibles-PC” à des prix de plus en plus bas. Par exemple, si en 1982 un PC coûtait 5000 dollars, cinq ans après il ne coûtait pas plus de 1000. L'histoire de l'IBM-PC est exemplaire en ce sens qu'elle montre le génie stratégique de cette entreprise et sa capacité à s'adapter aux nouveaux marchés. Et ce marché-ci non seulement était nouveau, mais de plus, instable et mal connu. Les clients, multiples, étaient dispersés. Comment garantir le service d'IBM, son sérieux vis-à-vis de ses clients, qui font sa réputation ? Pour répondre à cette question, IBM prit une orientation résolument révolutionnaire. Pour la première fois la compagnie allait passer par des réseaux de revendeurs indépendants, Computerland et Businessland, tout en conservant les grands comptes, c'est-à-dire les gros clients. Techniquement IBM a innové aussi. La compagnie avait toujours fait des produits «maison» à 100%, des logiciels jusqu'aux composants. Il faut savoir qu'IBM a un Laboratoire de Recherche en Physique, dont deux membres ont reçu le Prix Nobel de 1986. Elle choisit, ici, le microprocesseur Intel 8088 et passe commande du système d'exploitation à une jeune société spécialisée dans le software pour micro-ordinateurs,… Microsoft. Le système d'exploitation MS/DOS devient ainsi un standard de facto. En outre, IBM lance un appel général de création de programmes auprès du public et de ses propres ingénieurs, appel bien sûr largement entendu. Ainsi en 1982, IBM est deuxième derrière Apple alors qu'elle ne fait qu'entrer sur le marché des micro-ordinateurs, l'année suivante elle double déjà son concurrent. Le PC est un tel succès que le magazine Time a nommé l'ordinateur personnel «Machine of the Year» en 1982. C'était la première fois qu'un objet inanimé recevait cette distinction. Nouvelles technologies digitales 2.
Innovations d'Apple Un véritable bond qualitatif, du point de vue technologique, a été par contre le Lisa d'Apple Computers. Utilisant les résultats des recherches menées par Xerox, à Palo Alto, près de San Francisco, Apple a apporté deux innovations majeures : la souris et l'ergonomie de l'écran. La souris est un artefact que l'on déplace sur une table et qui fait correspondre, à chaque déplacement sur cette table, un déplacement d'une flèche sur l'écran. Quant à l'ergonomie de l'écran, l'idée de base est de simuler un bureau : des dossiers (qui contiennent des documents), une poubelle (pour les faire disparaître). À l'aide de la souris on pouvait déplacer un dossier sur l'écran, l'ouvrir, ouvrir des documents, en créer de nouveaux (avec les différents logiciels), en modifier, fermer des dossiers, les déplacer vers la poubelle (c'est-à-dire les supprimer), etc. De plus, on pouvait diviser l'écran en fenêtres (ou parties d'écran) et avoir ainsi plusieurs documents en vue. En un geste était né : le clic. Pour l'utilisateur, c'est une révolution. Mais le Lisa coûtait trop cher pour le public auquel il était destiné (les utilisateurs professionnels) par rapport à ses performances. En février 1984, Apple lance alors le Macintosh qui, utilisant les mêmes innovations que le Lisa, était mieux conçu et surtout d'un abord plus facile pour un prix moindre. L'ergonomie des machines d'Apple est tellement puissante, leur utilisation est tellement plus agréable et plus facile, que tous les autres constructeurs (et en particulier ceux des PC) ont dû s'y rallier. Cela a conduit Microsoft à créer Windows, Fenêtres. Un autre aspect important du développement de l'industrie micro-informatique a été l'apparition massive de logiciels. À la fin des années 70, la plupart des utilisateurs professionnels devaient commander un logiciel sur mesure ou le faire eux-mêmes. Mais l'explosion des utilisations auxquelles a donné lieu la micro-informatique a tout naturellement conduit à l'apparition d'une grande industrie de logiciels pour micro-ordinateurs, et surtout de progiciels, c'est à dire de logiciels en prêt-à-porter conçus pour une utilisation massive et dupliqués à des centaines de milliers d'exemplaires. Comme pour les micro-ordinateurs, de nouvelles entreprises sont nées et sont devenues les stars du logiciel micro-informatique, Microsoft étant bien sûr la première d'entre elles. Il y a eu tout d'abord les systèmes d'exploitation. Le meilleur exemple en est le MS/DOS (MicroSoft / Disk Operating System) pour les compatibles-PC, à 16 bits. Sont venus ensuite les logiciels d'application, les plus nombreux. Nouvelles technologies digitales 3.
Premiers logiciels Le logiciel Visicalc fut le premier logiciel d'application vendu à des centaines de milliers d'exemplaires et créa aussi une nouvelle manière de calculer, certains vont même jusqu'à dire un nouveau langage pour programmer. Visicalc a été le premier logiciel de type tableur (ou feuille de calcul électronique). Derrière Visicalc se sont engouffrés d'autres concurrents et de nombreux tableurs ont vu le jour, le plus connu étant à l'époque 1-2-3 de Lotus. Plus tard, ils seront tous remplacés par Excel. Dès le milieu des années 80, on trouve des logiciels pour micro-ordinateurs dans tous les secteurs souhaités. Depuis les fonctions classiques de l'entreprise (paie, facturation, gestion de stocks, gestion prévisionnelle et générale,...) jusqu'aux logiciels de dessin les plus sophistiqués en passant par les langages de programmation et les outils de ce qui deviendra la bureautique (traitement de textes, tableur, logiciel de présentation, courrier électronique, etc.). Nouvelles technologies digitales 4.
Retranscription de la vidéo VERS DE NOUVELLES POSSIBILITÉS On ne le dira jamais assez, d'un point de vue business, d'un point de vue entrepreneurial, il faut interpréter la technologie comme un ouvreur de possibilités. Une nouvelle technologie ouvre toujours de nouvelles possibilités. Dans le cadre de la transformation digitale, il s'agit alors de réfléchir aux nouvelles possibilités stratégiques et organisationnelles que nous ouvre une nouvelle technologie. Utilisation de l’informatique La première génération d'ordinateurs était dédiée au calcul scientifique. La programmation s’effectuait alors en langage machine ou en langage assembleur. La deuxième génération a commencé à être utilisée dans les grandes entreprises et dans les grandes administrations. La troisième génération d'ordinateurs, où l'on utilisait déjà des langages de programmation dits de haut niveau, a généralisé l'informatisation des grandes organisations. Mais les caractéristiques de ces machines – grande taille, coût important – faisaient que le nombre de machines était relativement réduit, ce qui conduisait nécessairement à des traitements centralisés. Les grandes organisations de l'époque étaient en général centralisées, les caractéristiques de l'informatique de l'époque ont renforcé cette tendance, à savoir l'existence de systèmes centralisés. Du point de vue informatique et organisationnel, l'arrivée de la micro-informatique a ouvert une nouvelle possibilité : le traitement décentralisé de l'information, ce qui était impossible auparavant. Micro-ordinateurs à la RATP Nous sommes au début des années 80, au sein de la Direction de Travaux Publics de la RATP, la société de transports publics de Paris (métro, bus, etc.). Cette société possède la technologie et le savoir-faire les plus avancés au monde dans son domaine, encore aujourd'hui elle est souvent sollicitée pour l’implantation de métros à l’étranger. 1.
La division Travaux Publics se charge de toutes les infrastructures nécessaires, à commencer par les tunnels, une activité nécessitant de nombreux ingénieurs qui doivent faire de nombreux calculs de structure. À l'époque, lorsqu'un ingénieur veut utiliser un ordinateur pour faire ces calculs à l'aide d'un ordinateur, le processus est le suivant : ● L'ingénieur écrit le logiciel sur un terminal relié à l'ordinateur central (le mainframe ou gros système), qui se trouve dans un autre bâtiment et qui gère tous les logiciels de la RATP. ● Il envoie son programme pour être compilé (c'est-à-dire, pour vérifier s'il était bien écrit du point de vue de la syntaxe du langage de programmation). Le programme reste dans la file d'attente des programmes à compiler dans l'ordinateur central. ● L'ingénieur fait autre chose pendant que son programme est compilé. Lorsqu'il l'a envoyé pour compilation, le programme est (par exemple) troisième dans la file d'attente. Et au bout d'un moment.... il est passé à la dixième position ! C'est parce que quelqu'un au Centre de Calcul de la RATP a donné la priorité à d'autres programmes. ● Le lendemain, l'ingénieur remarque que son programme a été compilé pendant la nuit. Mais - manque de chance - le programme a des erreurs. Il faut attendre l'arrivée du listing avec le programme et ses erreurs. Les listings sont distribués une fois par jour dans une petite camionnette sur l'ensemble des sites de la RATP. Et retour à la case départ. ● Finalement le programme est compilé. On peut l'exécuter, le faire tourner. Mais pour cela il faut passer par le même processus de compilation ,... avec l'espoir qu'il n'y a pas d'erreurs de programmation. Conclusion : pour obtenir des résultats, on pouvait facilement attendre une semaine et parfois jusqu'à trois semaines. Un jour, un ingénieur apporte au bureau un micro-ordinateur PET Commodore, acheté avec son argent de poche. En moins d'une demie heure, il écrit, teste, corrige, fait tourner puis obtient les résultats d’un programme en langage Basic (langage de programmation à l'époque assez élémentaire, mais suffisant pour cet objectif). Une demi-heure contre une semaine ! Nouvelles technologies digitales 2.
Le retentissement fut immense au sein des ingénieurs. Pourquoi continuer à travailler avec un processus aussi lent alors qu'on peut faire le travail en moins d'une heure ? Ils demandent à la Direction Informatique de leur acheter des micro-ordinateurs, mais bien évidemment celle-ci refuse tout net. Cela déclencha un conflit qui dura une année entière, jusqu'à ce qu'il soit résolu par la création d'une nouvelle Direction de l'Organisation et des Systèmes d'Information (DOSI), dont dépendait le Centre de Calcul où était le mainframe. Cette nouvelle direction fut chargée de l'achat de micro-ordinateurs pour tous les ingénieurs, elle réorganisa le travail dans toute la RATP, profitant pleinement de la possibilité de traiter l'information de manière totalement décentralisée, même au niveau de l'individu. Impôts avant la micro-informatique Jusqu'au milieu des années 80, tout le système informatique de traitement des impôts en France est centralisé dans un gros système, à Paris. Conséquence : lorsqu'un contribuable ou une entreprise fait une réclamation concernant ses impôts, le processus nécessaire peut tourner au cauchemar. Impôts après la micro-informatique Mais, dès la fin des années 80, avec l'installation généralisée de micro-ordinateurs dans tous les Hôtels d'Impôts, lorsqu'un contribuable parisien, par exemple, veut faire une réclamation, il lui suffit de prendre rendez-vous avec son Inspecteur des Impôts. Celui-ci est équipé d'un micro-ordinateur avec dans le disque dur de sa machine les données de quelques centaines de contribuables. En une demie heure la chose est résolue. Nouvelles possibilités ouvertes par le micro-ordinateur Pour résumer. Avant le micro-ordinateur, la seule solution était d'avoir des systèmes centralisés, souvent fort bureaucratiques. Le micro-ordinateur ouvre la possibilité d'un traitement décentralisé de l'information, et donc de structures organisationnelles différentes. En outre, le micro-ordinateur permet l'informatisation des PME et même des petits cabinets. Enfin, cette machine a donné la possibilité de l'informatique individuelle. Nouvelles technologies digitales 3.
Ce n'est pas tout. En 1983 la société Osborne inventa le micro-ordinateur portable (plutôt transportable, dirions nous aujourd'hui). Cela offrait une nouvelle possibilité : déconnecter le travail avec un ordinateur du lieu où se trouvait cet ordinateur. La machine pouvait aller toujours avec vous, là où vous vouliez aller. Nouvelles technologies digitales 4.
Retranscription de la vidéo RÉSUMÉ DU CHAPITRE 1 L'invention de l'ordinateur a été favorisée par les besoins de calcul nés de la Deuxième Guerre Mondiale dans le domaine militaire, mais cette innovation doit beaucoup à des travaux scientifiques et à des développements techniques antérieurs, notamment à partir du XIXe siècle. Après l'ENIAC, les ordinateurs ont connu une évolution spectaculaire modélisée par la Loi de Moore, ce qui a conduit à avoir des machines toujours plus rapides, plus puissantes, plus petites, moins lourdes et moins chères. Cette évolution a permis de commencer l'informatisation des grandes organisations, et avec l'invention du mini-ordinateur, celle des grosses PME. Mais ce fut l'invention du micro-ordinateur, au milieu des années 70 qui a constitué une véritable révolution, ouvrant la possibilité d'organisations décentralisées et surtout de l'informatique individuelle. 1 Nouvelles technologies digitales.
Retranscription de la vidéo INTERNET L'informatique a continué à se développer à grande vitesse dans les années 1980. Au niveau de la R&D, les stars de l'époque étaient l'intelligence artificielle et la robotique industrielle. Le monde était inventé entre le Japon et la Silicon Valley. L’automatisation des usines automobiles était portée par la robotique. 5ème génération d’ordinateurs C'est à ce moment-là que le Japon lança le projet de la cinquième génération d'ordinateurs. Son but était de développer une nouvelle classe d'ordinateurs qui utiliseraient des technologies d'intelligence artificielle, tant au niveau du matériel que des logiciels, et seraient capables de résoudre des problèmes complexes, comme la traduction automatique d'une langue naturelle à une autre (du japonais à l'anglais, par exemple). Ce projet, lancé par le MITI (Ministry of International Trade and Industry) japonais, eut un énorme impact. Le Japon est considéré à cette époque comme la puissance montante qui dominera le monde au XXIème siècle. Les États-Unis ont réagi avec la Strategic Computing Initiative et l'Europe avec le programme Eureka. La puissance du couple robotique / intelligence artificielle semblait sans limites, et le plan japonais promettait des robots qui feraient le ménage au début des années 90. Mais ce que personne n'avait prévu s'est produit : l'intelligence artificielle et la robotique de l'époque n'ont pas tenu leurs promesses,... mais l'Internet est arrivé. Origines de l’internet Comme tant de techniques, puis de technologies, l'Internet a une origine militaire. En effet, dans les années 60 du XXème siècle nous sommes en pleine Guerre Froide et le gouvernement des États-Unis craint qu'en cas de guerre avec l'Union Soviétique le réseau de télécommunications de la défense américaine ne soit détruit par un seul missile (nucléaire ou pas). En effet, les réseaux sont alors centralisés et l'identification du nœud central, et du lieu où il se trouve, rend le réseau extrêmement vulnérable. 1.
En conséquence, en 1962 l'US Air Force demande à un petit groupe de chercheurs de créer un réseau de télécommunications militaire capable de résister à une attaque soviétique. Le concept de ce réseau reposait sur un système décentralisé, permettant au réseau de fonctionner malgré la destruction d'une ou plusieurs de ses machines. Les chercheurs (et notamment Paul Baran, de la RAND Corporation) mirent donc au point un réseau hybride d'architectures étoilées et maillées dans lequel les données se déplaceraient par paquets et de façon dynamique, en cherchant le chemin le moins encombré, et en patientant si toutes les routes étaient encombrées. Si un des nœuds était détruit, les données emprunteraient un autre chemin pour arriver à destination. Cette technologie est appelée “packet switching”, commutation par paquets. La commutation par paquets est une conception de réseau de stockage et de transmission rapide qui divise les messages en paquets arbitraires, les décisions de routage étant prises par paquet. Elle permet une meilleure utilisation de la bande passante et de meilleurs temps de réponse que la technologie traditionnelle de commutation de circuits utilisée alors pour la téléphonie, en particulier sur les liaisons d'interconnexion à bande passante limitée. Le projet est financé par l'ARPA (Advanced Research Projects Agency) du Département de la Défense des États-Unis (le DoD). Quatre ordinateurs font partie du réseau : ils sont situés à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), au Stanford Research Institute, à l'Université de Californie à Santa Barbara, et le dernier à l'Université d'Utah (à Salt Lake City). Pour les connecter on crée ARPANET, réseau considéré comme l'ancêtre d'Internet. En 1969 les premières transmissions de données sont faites avec succès. Le projet ARPANET a conduit à l'élaboration de protocoles d'interconnexion, dans lesquels plusieurs réseaux distincts peuvent être réunis en un réseau de réseaux. Vinton Cerf, de l'université de Stanford, et Bob Kahn, de l'ARPA, ont publié en 1973 des travaux de recherche qui ont débouché sur le Transmission Control Protocol (TCP) et l'Internet Protocol (IP), les deux protocoles qui allaient devenir plus tard le TCP/IP. Au début des années 80, la National Science Foundation (NSF) finance des superordinateurs dans plusieurs universités américaines et fournit l'interconnectivité entre eux grâce au projet NSFNET, qui crée un accès réseau à ces super ordinateurs pour les organismes de recherche et les universités des États-Unis via ARPANET. Les connexions internationales au NSFNET, l'émergence d'une architecture telle que le système de noms de domaine (DNS, Domain Name System) et l'adoption du TCP/IP au niveau international marquent les débuts d'Internet. Nouvelles technologies digitales 2.
En novembre 1989 le Mur de Berlin tombe, mettant fin à la Guerre Froide. Toute l'infrastructure d'Internet passe dans le civil au point que le réseau ARPANET est mis hors service en 1990. World Wide Web Parallèlement à tout cela, les recherches menées au CERN (Centre d'Études et Recherches Nucléaires), à Genève, par l'informaticien britannique Tim Berners-Lee, aboutissent au World Wide Web. Berners-Lee travaillait sur les hypertextes, c'est-à-dire des documents qui pouvaient être reliés entre eux par des liens à partir des mots qui étaient dans les textes. Ce système permet à l'utilisateur d'aller directement au document, ou à la partie du document, qui l'intéresse et ce de façon non linéaire. En 1987, cette fonctionnalité est disponible sur les Macintosh via le logiciel Hypercard. Et à la même époque les éditeurs d'encyclopédies commencent à entrevoir les formidables possibilités de l'hypertexte pour des encyclopédies sur CD-ROM. Berners-Lee applique ces principes aux différents documents existants sur Internet à des adresses différentes et crée ainsi le protocole HTTP (Hyper Text Transfer Protocol) et le langage de programmation HTML (Hyper Text Markup Language), le tout permettant de naviguer sur Internet à travers de liens hypertextes. Le World Wide Web était né. Très rapidement paraît le premier navigateur, Mosaic, en 1993. À l'époque Internet ne compte que 200 sites. Un an après, le Web compte 10 000 serveurs et 10 millions d'utilisateurs. Netscape, le successeur de Mosaïc, est lancé en 1994 et se retrouve bientôt sur les ordinateurs de plus de 75% des utilisateurs. Plus tard viendront Internet Explorer (de Microsoft), Firefox, Chrome (de Google), et Safari (d'Apple). Internet a tout changé ! Si l'on y ajoute l'autre grande innovation de la fin des années 80, à savoir le téléphone portable et plus tard l'accès sans fil (dont le meilleur exemple est l'accès Internet via WiFi), on obtient la combinaison qui configure depuis les années 90 l'infrastructure informatique actuelle : informatique individuelle et totalement décentralisée, voire mobile, combinée avec un réseau mondial de transmission de données. Une fois de plus, la question que nous devons nous poser est la suivante : quelles nouvelles possibilités organisationnelles et stratégiques cette infrastructure technologique nous ouvre-t-elle ? Nouvelles technologies digitales 3.
Possibilités qu’ouvre internet Elles sont presque infinies. Tant en termes de création de nouveaux produits et de services qu'en termes d'innovation organisationnelle. Internet permet l'accès à distance à l'information, ainsi que la communication à distance (interactions de un à un, de un à plusieurs, ou entre plusieurs) et les transactions à distance. Cela permet le commerce électronique, le télétravail, la formation online, etc. Enfin, au XXIème siècle, l'Internet 2.0 (ou Web 2.0) se développe. Sa caractéristique fondamentale fait des utilisateurs des producteurs actifs de contenus et pas seulement des consommateurs passifs de contenus. Des exemples typiques sont les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, LinkedIn), les blogs, les wikis et les environnements de partage de ressources (YouTube, DropBox, Vimeo, Flickr, Instagram, Slideshare, TikTok, etc.). C'est peut-être la caractéristique fondamentale d'Internet : alors que dans le passé il y avait des systèmes de télécommunication de un à un (one to one), du pigeon voyageur au téléphone, ou de un à plusieurs (one to many), comme la radio et la télévision, Internet est le premier système de l'histoire de l'humanité qui permet la communication à distance de plusieurs à plusieurs (many to many). À nous tous de matérialiser les nouvelles possibilités que cela nous ouvre. Nouvelles technologies digitales 4.
Retranscription de la vidéo LES LANGAGES DE PROGRAMMATION Faisons un rapide détour par les langages de programmation, car aucune revue des technologies digitales ne saurait s'en passer. En effet, sans ces langages les ordinateurs ne seraient d’aucune utilité. Au départ, les algorithmes Commençons par la notion d'algorithme. Ce mot vient du mathématicien perse du IXème siècle Al-Khawarizmi, et désigne un ensemble d'opérations ordonnées et finies qui permettent de trouver une solution à un problème. Une recette de cuisine est un algorithme. Un programme informatique code un algorithme en un certain langage que l'ordinateur peut comprendre. Langage de “bas niveau” Le langage de base de tout ordinateur est le langage machine. Il sert à contrôler directement la CPU (Central Processing Unit) d'un ordinateur. Chaque instruction en langage machine amène la CPU à effectuer une tâche très spécifique, telle qu'un téléchargement, un stockage, ou une opération de l'Unité Arithmétique et Logique (UAL) sur une ou plusieurs unités de données dans les registres ou dans la mémoire de la CPU. Le langage machine est strictement numérique et s'il est possible d'écrire des programmes directement en langage machine, cela est très fastidieux et on peut facilement faire des erreurs. C'est pourquoi, quand on veut travailler directement sur la structure d'un ordinateur, on programme en langage assembleur, qui est le langage de bas niveau lisible par un être humain. L'assembleur traduit ces instructions en langage machine. 1.
Langage de “haut niveau” La plupart des programmes qui existent actuellement sont écrits en langages dits de “haut niveau". Si les langages machines et assembleur sont fortement dépendants de la structure spécifique de chaque ordinateur, les langages de haut niveau sont des langages de programmation qui vont s'abstraire des caractéristiques de chaque modèle d’ordinateur. Contrairement aux langages de programmation de bas niveau, ils utilisent des éléments de langage naturel (le plus souvent, anglais), plus facile à utiliser ce qui rend le développement d'un programme beaucoup plus simple et plus compréhensible que lorsqu'on utilise un langage de bas niveau. Le premier langage de haut niveau largement utilisé a été FORTRAN. Langage FORTRAN FORTRAN (FORmula TRANslator, Traducteur de Formules) est créé en 1954 par un ingénieur d'IBM. C'est probablement le seul langage de haut niveau utilisé dans les ordinateurs de première génération. Comme son nom l'indique, il était destiné au calcul scientifique et technique. Il a bien sûr évolué au cours du temps et reste toujours utilisé. Langage COBOL COBOL (COmmon Business Oriented Language) est un langage de programmation conçu pour des applications de gestion. Créé en 1959 aux États-Unis par CODASYL (Conference/Committee on Data Systems Languages), il est le langage le plus utilisé au monde pour l'informatisation de toutes les procédures dites de back office des grandes organisations ( facturation, paie, comptabilité, gestion de stocks, etc. ). Ce langage est toujours largement utilisé dans les applications installées sur les mainframes. Mais en raison du départ à la retraite de programmeurs COBOL expérimentés, les programmes écrits en ce langage sont peu à peu réécrits dans des langages modernes ou bien remplacés par des progiciels. La plupart des programmes écrits en COBOL servent désormais uniquement à maintenir les applications existantes. Langage PL/1 PL/1 est un langage de programmation universel développé par IBM au début des années 60. Son nom veut dire littéralement Programming Language number one, c'est-à-dire "le meilleur". Nouvelles technologies digitales 2.
Pour ce faire, il reprenait le meilleur de FORTRAN et de COBOL mais ce qui représentent ses qualités s’est transformé aussi en son défaut majeur : il est trop étendu, exhaustif, donc complexe et difficile à implémenter. Cela dissuada nombre d'entreprises de migrer leurs applications vers PL/1 et ce langage, remarquablement conçu, mais qui n'eut pas le succès commercial escompté. Langage BASIC BASIC est un langage créé en 1964 au Dartmouth College, aux États-Unis. Il est peut-être le langage de programmation le plus connu, parce qu’il est facile à apprendre et aussi parce qu'il pouvait être utilisé sur les micro-ordinateurs. Des millions d'utilisateurs dans le monde se sont ainsi initiés à la programmation avec Basic. Langage C Dans les années 70 est créé le langage C, utilisé surtout dans les systèmes d'exploitation. Avec d'excellentes performances, ce langage, ainsi que son amélioration C++ (1983), est extrêmement utilisé jusqu'à aujourd'hui. Du côté de l'intelligence artificielle on trouve des langages comme LISP (1959), puis Prolog (1972, à Luminy, près de Marseille). Langages de l’Internet Finalement, l'Internet a donné lieu à des langages spécifiques pour programmer des applications pour le Web, essentiellement HTML et PHP, mais aussi Java (qui n'a pas été créé pour Internet). Java est un langage de programmation leader dans le développement d'environnements interactifs d'Internet. Outre son utilisation dans le Web, Java est utilisé pour les smartphones, tablettes, consoles de jeux vidéo, voitures, etc. Nous avons enfin le langage HTML, qui décrit l’implémentation des textes, images, graphiques, vidéos et objets audio dans le Web, en plus de créer des liens dynamiques vers d'autres pages Web ou objets divers. C'est ce qui permet de cliquer sur un lien et d’aller immédiatement à une autre page Web ou à un autre site Web. HTML5 est l'extension d'HTML qui permet d'incruster facilement images, vidéos et sons dans une page Web ; cela facilite le travail avec les dispositifs mobiles (smartphones, etc.). Nouvelles technologies digitales 3.
Comme on peut le constater, la création et l'évolution des langages de programmation suit de très près l'évolution des technologies digitales. On peut donc faire raisonnablement l'hypothèse que dans l'avenir de nouveaux langages seront créés, langages de programmation que les futurs informaticiens devront maîtriser. Nouvelles technologies digitales 4.
Retranscription de la vidéo OUTILS DE LA MOBILITÉ Téléphone portable Le téléphone portable, ou téléphone mobile, est le résultat de l'intégration de plusieurs technologies qui existaient déjà vers le milieu du XXe siècle. Son invention est attribuée à Martin Cooper, à l'époque Directeur de R&D chez Motorola, qui en fit une démonstration dans les rues de New York, le 3 avril 1973. Le premier téléphone mobile commercial, conçu aussi par Motorola, est lancé en mars 1983 aux États-Unis : le Motorola DynaTac 8000. Il pèse 800 grammes, mesure 25 cm (hors son antenne) et n'est pas particulièrement plat. Mais cette petite machine permet de parler avec quelqu'un indépendamment du lieu où l'on se trouve et du lieu où se trouve la personne appelée. Cela eut pour effet l’amélioration de la coordination d'actions entre ces deux personnes. Pour que ces possibilités puissent se matérialiser il fallait bien évidemment un réseau de télécommunications adéquat. Ce réseau est appelé “cellulaire” (c'est pourquoi les téléphones portables sont appelés téléphones cellulaires, cell phones, dans de nombreux pays). Un réseau cellulaire est un réseau de télécommunications dont la dernière liaison est sans fil. Le réseau est réparti sur des zones terrestres appelées cellules qui, une fois réunies, assurent une couverture sur une vaste zone géographique. C'est ce qui permet aux téléphones portables de communiquer entre eux et avec des téléphones fixes n'importe où dans le réseau, même si certains des émetteurs-récepteurs se déplacent à travers plus d'une cellule pendant la transmission. Réseaux et normes Pour que ces possibilités puissent se matérialiser il fallait aussi des normes. Ces normes marquent les différentes générations de téléphonie mobile. Après les téléphones de première génération, analogiques et non pas numériques, la norme européenne GSM (Global System for Mobile Communications) fut à la base de la deuxième génération (2G). Elle est largement déployée au début des années 90. 1.
Puis, un regroupement international définit la norme UMTS (Universal Mobile Telecommunications System) qui est à la base de la troisième génération (3G) et qui commence à être déployée au début des années 2000. La quatrième génération (4G) est déployée lors de la dernière décennie. Chaque génération assure un débit plus important que les précédentes, ce qui est devenu essentiel depuis la transformation des téléphones mobiles en smartphones (téléphones intelligents), qui transmettent non seulement la voix, mais aussi des images et des données. Surtout les smartphones ont permis l'intégration de différents outils de la mobilité. Outils de la mobilité en 2000 En effet, dans les années 2000, il existe différents outils mobiles. Parmi eux, les plus utilisés étaient les Assistants Personnels Digitalisés (en anglais, PDA – Personal Digital Assistant), les caméras digitales, les baladeurs (pour écouter de la musique), et les systèmes de navigation GPS (Global Positioning System). Les PDA intégrent un agenda, un carnet d'adresses, un bloc notes et un organisateur de tâches. Peu à peu, la communication avec Internet et avec d'autres dispositifs mobiles via la technologie Bluetooth est intégrée. Les marques les plus connues étaient Psion et Palm. En août 1981, Sony présente la Mavica, la première caméra digitale (ou appareil photo numérique). Depuis, presque tous les fabricants de caméras sont passés au digital, et notamment Nikon et Canon, qui proposent toute une gamme d'appareils allant des des plus professionnels à des caméras au format très réduit. Baladeurs C'est aussi Sony qui présente, en 1979, le premier baladeur, baptisé Walkman. Jusque là, pour écouter de la musique en marchant il fallait poser sur ses épaules d'encombrants appareils lisant de la musique enregistrée sur cassettes. Ces appareils furent nommés ghetto blasters, car ils étaient utilisés par les minorités ethniques aux Etats-Unis (noirs, latinos) pour écouter de la musique dans les rues et dans les lieux publics de leurs quartiers, souvent à très fort volume. Nouvelles technologies digitales 2.
Masaru Ibuka, cofondateur de Sony, qui utilisait ce genre d'appareils pour écouter de la musique lors de ses voyages d'affaires, s'est demandé pourquoi ces appareils devaient être si grands et encombrants et, ayant en tête la tradition japonaise de miniaturisation, a demandé de concevoir une version stéréo miniaturisée, optimisée pour écoute avec casque. Le succès commercial fut énorme et cela donna lieu à toute une gamme de produits, fabriqués depuis par plusieurs entreprises, permettant d'écouter de la musique en marchant et sans gêner d'autres personnes dans le voisinage. Le plus sophistiqué de ces appareils est l'iPod, lancé par Apple en octobre 2001, qui révolutionna complètement ce marché car il était digital et alliait les possibilités de l'informatique à celle d'écouter de la musique tout en se baladant. L’iPod permettait de stocker et d'écouter un très grand nombre de morceaux sans changer de support. Le GPS est un système de positionnement par satellites permettant à son utilisateur de connaître sa position à toute heure et en tout lieu sur la surface ou au voisinage de la surface de la Terre avec une précision sans précédent. Cela a donné lieu à une amélioration spectaculaire des systèmes d'information géographiques, et à toute une ligne de produits comme ceux que nous utilisons désormais comme systèmes de navigation autonomes pour la conduite en voiture. Intégration des outils de la mobilité Au cours des années 90, l'amélioration de la téléphonie mobile permet à ces appareils d'intégrer peu à peu d'autres fonctions, comme l'envoi de messages (SMS), puis de courrier électronique, et la gestion d'un carnet d'adresses. Dans les années 2000, la plupart des fabricants de téléphones portables de l'époque se lancent dans ce nouveau secteur et d'autres entreprises se créent, comme Blackberry, devenue rapidement leader de cette nouvelle industrie. Mais c'est surtout en 2007, avec le lancement de l'iPhone (d'Apple) et son interface tactile, que les smartphones décollent. Ils deviennent de petits ordinateurs, en tout cas des terminaux, intégrant téléphone mobile, baladeur, caméra digitale, fonctionnalités des PDA, navigation Internet, ainsi que d'autres applications comme les calculatrices, le calendrier, etc. En 2010, le lancement de l'iPad (d'Apple) inaugure les tablettes digitales, nouveaux outils à mi-chemin entre le smartphone et l'ordinateur portable. Nouvelles technologies digitales 3.
Images de la vie quotidienne Aujourd'hui, les smartphones, et plus largement les téléphones portables, essaiment largement à travers le monde, et notamment dans les pays en développement. La combinaison d'un pouvoir informatique toujours accru, de l'Internet et des outils mobiles, crée une société de plus en plus connectée, ouvrant de nouvelles possibilités qui ont considérablement transformé la vie moderne. Peu de choses témoignent mieux de la transformation digitale de la société que les images de gens l'œil fixé sur leurs smartphones ou leurs tablettes, que ce soit dans les transports en commun, au café, au restaurant, en réunion,… et même en marchant. Nouvelles technologies digitales 4.
Retranscription de la vidéo INFRASTRUCTURES ACTUELLE DES TECHNOLOGIES DIGITALES Alors que les ordinateurs deviennent de plus en plus puissants, que l'on ne parle plus de micro-ordinateurs, qu'Internet s'est généralisé de même que les outils de la mobilité, quelle est l'infrastructure des technologies digitales des organisations ? Architecture client-serveur Au cours de la deuxième moitié des années 80 on a vu se développer les LAN (réseaux locaux, ou Local Area Networks), qui connectaient plusieurs micro-ordinateurs essentiellement pour partager des ressources (imprimantes, etc.). Leur périmètre était de 500 mètres environ. Ils ont principalement été utilisés dans les PME et les grandes organisations ayant encore recours aux architectures autour d'un ordinateur central (mainframe). Mais, depuis la généralisation d'Internet c'est l'architecture client-serveur qui s'est imposée. Il s'agit d'une architecture où plusieurs ordinateurs (les "clients") sont connectés entre eux, et connectés à Internet, à travers un "serveur". C'est à dire un ordinateur, généralement plus puissant (mais pas nécessairement) qui, de plus, fournit d'autres services. En effet, il convient de préciser que le mot "serveur" ne désigne pas la taille de la machine, mais son rôle. Un serveur peut être un petit ordinateur, un mini-ordinateur ou un ordinateur central. Sa taille sera fonction de la tâche à remplir et du nombre d'utilisateurs (les “clients”) à servir au même instant. Contrairement aux systèmes informatiques précédents, qui étaient équipés d'un ordinateur central manipulé depuis des terminaux, un système informatique client-serveur demande souvent un matériel moins spécifique et moins coûteux. De plus, les systèmes client-serveur utilisent des produits ouverts, basés sur des standards industriels, ce qui évite à l'acheteur de devoir acquérir la totalité de son système informatique auprès du même fabricant. Aujourd'hui, un système client-serveur connecte non seulement des ordinateurs, mais aussi des réseaux locaux et des dispositifs mobiles. 1.
Systèmes d'exploitation Les systèmes d'exploitations (operating systems, en anglais) constituent le logiciel de base d'un ordinateur. Il servent de socle aux logiciels d'application qui sont ceux dont se servent les utilisateurs. Le système Windows (de Microsoft) est sans doute le plus connu. Dans les gros systèmes (mainframes) le système d'exploitation le plus utilisé est Unix et, de plus en plus, Linux (système à code source ouvert, dont nous dirons davantage par la suite). Apple utilise le système iOS pour ses ordinateurs, smartphones et tablettes. Finalement, Androïd est un système d'exploitation à code source ouvert pour smartphones et tablettes, utilisé dans les dispositifs non Apple et qui a été développé par Google. Dans les logiciels d'application on trouve bien sûr les produits de bureautique, qui sont les plus couramment utilisés : traitements de texte, tableurs, gestion de base de données, logiciels de présentation, courrier électronique, etc. Mais il y en a d'autres… ERP (Entreprise Resource Planning) Les progiciels (produits logiciels) intégrés de gestion générale d'une entreprise, plus connus sous le nom d'ERP (Enterprise Resource Planning), sont un ensemble de modules intégrés autour d'une base de données centrale et commune. La base contient les données de différentes divisions et départements de l'entreprise, ainsi que les données provenant des transactions propres aux processus de celles-ci (comptabilité, finances, gestion des ressources humaines, production, marketing, commercial, etc.). Les ERP les plus connus sont ceux de SAP et d'Oracle. CRM (Customer Relationship Management) Le Customer Relationship Management (CRM) ou La gestion de la relation client (GRC) en français est une méthode de gestion de la relation client fondée sur le marketing relationnel, qui vise à créer une relation à long terme avec des clients satisfaits des produits et des services de l'entreprise. Nouvelles technologies digitales 2.
Un logiciel de CRM enregistre et intègre les données des clients venant de toute l'organisation, consolide ces données et les fait parvenir ensuite aux personnes qui sont dans des "points de contact" avec les clients. Un "point de contact" (ou touch point) est un canal d'interaction avec le client : magasins, téléphone, e-mail, réseaux sociaux, site Web, etc. Les CRM fournissent des logiciels pour informatiser le travail des forces de vente, soutenir le service au client (dans les magasins, call centers, etc.), et contribuer au marketing. Les produits les plus connus sont SalesForce, Oracle On Demand, SAP et Microsoft Dynamics CRM. SCM (Supply Chain Management) Dans le commerce, la gestion de la chaîne d'approvisionnement (Supply Chain Management - SCM GCL), comprend le mouvement et le stockage des matières premières, des stocks de produits en cours de fabrication et des produits finis, ainsi que l'exécution des commandes de bout en bout, du point d'origine au point de consommation. Elle a été définie par l'Association for Supply Chain Management comme “la conception, planification, exécution, contrôle et surveillance des activités de la chaîne d'approvisionnement, dans le but de créer une valeur nette, de construire une infrastructure compétitive, de tirer parti de la logistique mondiale, de synchroniser l'offre avec la demande et de mesurer les performances à l'échelle mondiale". Les logiciels de SCM donnent support à la planification de la chaîne d'approvisionnement et à l'exécution des tâches au cours des différentes étapes de cette chaîne : la gestion des stocks, la gestion des transports, la gestion des achats, la gestion de la production, etc. En y ajoutant le cloud computing, cette infrastructure de technologies digitales est celle que l'on trouve aujourd'hui dans la grande majorité des organisations. Ce n'est pas celle qui existait en l'an 2000. Ce n'est pas celle qui existera en 2040, voire en 2030. De nouvelles technologies digitales ont émergé ces dernières années et vont sans doute se généraliser. Nouvelles technologies digitales 3.
Retranscription de la vidéo SAAS/CLOUD Le SaaS, ou le Cloud, sont des termes très utilisés et qui désignent une tendance forte dans l’évolution de l’informatique d’entreprise. Un modèle économique Le SaaS est avant tout un modèle économique, rendu possible par l’évolution des technologies. SaaS signifie Software as a Service. Au lieu d’acheter un logiciel à un éditeur de logiciel, de l’installer sur votre ordinateur et de l’utiliser, c’est l’éditeur qui installe son propre logiciel sur ses propres serveurs et vous achetez à ce fournisseur l’utilisation du logiciel. IaaS signifie Infrastructure as a Service. Google Drive est un exemple de ce type de service : la société Google met à votre disposition de l’espace sur ses propres disques durs. Vous louez de l’utilisation d'infrastructures par exemple. Il s’agit généralement d’un paiement à l’usage. Ce peut être un forfait par utilisateur, ou bien un paiement au prorata du temps d’utilisation ou de la mobilisation des serveurs en termes de mémoire, de temps de calcul, etc. Il est aussi souvent question de « cloud ». Cloud ? Alors oui, cloud en anglais signifie « nuage »… Mais ce n’est pas directement ce qui nous intéresse ici. Cloud est une appellation plus générique, qui recouvre à la fois le software et l’infrastructure à partir du moment où tout se passe à distance. Vous n’utilisez pas votre copie du logiciel sur votre ordinateur, mais vous vous connectez à un serveur distant. Le cloud public est le plus connu. Le service est proposé à tout le monde. Google drive, le logiciel Google doc, sont des exemples d’offres en cloud public. Le cloud privé est la même chose pour l’utilisateur : il sait que rien ne se passe sur son ordinateur, que tout est à distance sur un serveur, quelque part. 1.
En revanche, le responsable du système informatique, lui, sait que les applications en question, ou l’espace disque considéré,sont sur des serveurs de l’entreprise. Il organise une offre cloud ouverte seulement aux collaborateurs de l’entreprise. Adaptation à la charge L’un des avantages d’une offre cloud est l’adaptation à la charge. Sur ce graphique nous avons représenté la charge en fonction du temps. Par exemple, cela peut être un nombre de connexions simultanées sur un serveur. Dans cet exemple, la charge est irrégulière. Au début, un petit serveur serait amplement suffisant. Mais lors de la forte montée d’activité, il serait dépassé. Un serveur puissant serait nécessaire. Puis la charge baisse brutalement, de sorte qu’un serveur puissant serait surdimensionné, avant de revenir nécessaire et ainsi de suite. Investir dans un serveur puissant est surdimensionné pour toutes les périodes de faible activité – on paie pour un outil que l’on n’utilise pas pleinement. Se contenter d’un petit serveur est insuffisant pour les périodes de forte activité, et va créer du mécontentement client. Avec une offre cloud, puisque l’on paie à l’usage, le coût suit la courbe d’activité. Impact comptable Il y a aussi un impact comptable. En configuration classique, l’entreprise investit pour acheter un serveur. Cette dépense d’investissement se transforme avec le cloud en dépenses d’opérations. C’est un peu la même différence qu’il y a entre acheter un immeuble de bureaux et louer un immeuble de bureaux. Notons au passage, qu’en configuration classique j’ai aussi, en plus de l’investissement, des dépenses d’opérations que sont les salaires de l’équipe en charge de l’opération du serveur. Ces dépenses d’opération disparaissent avec une offre cloud puisque le serveur est géré par le fournisseur. Nouvelles technologies digitales 2.
Impact sur la sécurité Enfin, le cloud a un fort impact sur la sécurité. Il y a un équilibre à trouver entre d’une part, la flexibilité permise par le cloud, et la moins forte mobilisation de trésorerie, et d’autre part le contrôle, la maîtrise de son système informatique. Avec une offre cloud, vous acceptez que tout ou partie de vos données passent par les serveurs de votre fournisseur. Comme pour tout contrat de sous-traitance, à vous d’évaluer les risques et à vous d’évaluer le prestataire. Conclusion Les offres cloud, permettent en quelque sorte d’utiliser la puissance de traitement de l’information offerte par les technologies numériques sans avoir à gérer de système informatique. Cela a bien évidemment de nombreux avantages mais aussi des défauts. Nouvelles technologies digitales 3.
Retranscription de la vidéo LOGICIEL LIBRE Open Source Software (OSS) Le logiciel à code source ouvert (en anglais, OSS – Open Source Software) fait référence à un logiciel dont le code source est laissé ouvert à la communauté mondiale de programmeurs, contrairement aux usages de l'industrie informatique où le logiciel est une propriété privée et cette propriété protégée par la loi. En d'autres termes, un OSS est un logiciel libre et gratuit (c'est pourquoi on parle aussi de logiciel libre) ; l'utilisateur ne paye pas de licences à une entreprise. Mais il existe des licences de logiciel libre ; la plus connue étant GNU General Public Licence (GNU GPL, ou GPL). Tout utilisateur peut télécharger le logiciel, le distribuer, le modifier, puis mettre ces modifications à disposition de la communauté (car toute modification faite sur un OSS doit être aussi un OSS). Le logiciel à code source ouvert est développé et maintenu par une communauté mondiale de centaines de milliers de programmeurs. Cette communauté a déjà créé des produits d'une grande qualité. Par exemple, l'alternative à la suite Microsoft Office (Word, Excel et PowerPoint), appelée OpenOffice. Il y a aussi Open Project, pour la gestion de projets. Mais, la star de ces produits logiciels est le système d'exploitation Linux, largement utilisé dans le monde entier, à tel point que des entreprises comme IBM, HP, Dell, SAP et Oracle offrent maintenant des versions de leurs produits compatibles avec Linux. Le mouvement du logiciel libre a démarré dans les années 80 puis il s'est massifié et s'est structuré à la fin des années 90. Au cours des années 2000, ce secteur a connu une importante transformation. Alors qu'à ses débuts, le mouvement du logiciel libre était principalement une communauté, il s'oriente maintenant de plus en plus vers un marché où de plus en plus d'entreprises recherchent le profit dans leurs activités. Il y a deux périodes différentes dans le domaine du logiciel libre : FOSS (Free and Open Source Software) et OSS 2.0. La première est la première période de l'industrie du logiciel libre, tandis que la seconde est la période actuelle où l'on peut observer une forte orientation commerciale. Par conséquent, une question importante liée aux business models se pose dans l'industrie du logiciel libre : "Si les gens ne peuvent pas vendre de licences, comment peut-on gagner de l'argent ?" 1.
Business model Des études ont été faites pour proposer des business models pour le logiciel libre. Le professeur Sandeep Krishnamurti, de l'Université de Washington, en propose quatre : Distributeur Le distributeur donne accès au code source et au logiciel. On gagne de l'argent : ● En fournissant des services d'assistance aux clients. Lorsqu'elles ont un problème, les entreprises n'aiment pas envoyer un message à une liste de diffusion et attendre de l'assistance. Il y a donc de l'argent à gagner dans des services tels que l'assistance à l'installation, la réponse aux questions techniques et la formation des employés du client à l'utilisation du produit. ● En fournissant des services de mise à niveau (upgrade), c'est-à-dire aider les clients à obtenir la dernière version disponible du produit. Développeur de logiciel non-GPL Ces entreprises peuvent bénéficier de la communauté OSS en incorporant le code source d'un produit existant dans une base de code plus large et créer un nouveau produit. Il s'agit en fait d'un produit dérivé. Le code source de ce nouveau produit n'a pas besoin d'être divulgué puisque la licence n'est pas GPL. Dans ce modèle, le producteur de logiciels bénéficie d'un coût de production réduit et donc d'une marge accrue. Comme le code source du produit original est toujours disponible gratuitement auprès de la communauté, ce modèle ne fonctionne que si l'entreprise est en mesure d'apporter une valeur ajoutée considérable au client. Développeur de logiciel sous licence GPL Ici, le producteur de logiciels est obligé de mettre le code source à la disposition de l'utilisateur final. La valeur vient des services d'assistance (installation, formation, etc.) et du fait d'ouvrir et de maintenir une conversation avec un client potentiel de futurs produits. Nouvelles technologies digitales 2.
Fournisseur de services Dans ce modèle, la source de revenus provient uniquement des services payants, quelle que soit la manière dont l'utilisateur a obtenu le code ou le produit. Les utilisateurs doivent payer pour ces services car les services payants signifient généralement des services de haute qualité. Le professeur Krishnamurti conclut en disant que la vente de logiciels à elle seule ne suffit pas à faire vivre une entreprise du secteur OSS. Pour ce faire, il faut proposer des logiciels et des services. Nouvelles technologies digitales 3.
Retranscription de la vidéo RÉSUMÉ DU CHAPITRE 2 L'Internet (encore une technologie née du militaire) et le téléphone portable ont donné naissance dans les années 90 à la société connectée, que certains considèrent comme le début de l'ère digitale. Parallèlement à cela, le logiciel a pris de plus en plus d'importance par rapport au matériel, à tel point que chez IBM les revenus et les bénéfices tirés de la vente de logiciels et de services dépassent dès cette époque ceux tirés de la vente d'ordinateurs. Quant on pense qu'IBM sont les sigles d'International Business Machines, on mesure mieux à quel point cela révèle une tendance fondamentale des économies industrielles, à savoir que la valeur s'est déplacée de la fabrication massive de biens manufacturés vers les produits immatériels. En effet, c'est à cette époque que Microsoft devient la première entreprise mondiale. Depuis, cette tendance s'est renforcée, puisqu'à part Apple, tous les géants du digital – Google, Facebook, Amazon, Netflix, Alibaba, Tencent, Microsoft, etc. – travaillent dans le logiciel ou dans les services. Dans les années 2000-2010 se met en place l'infrastructure digitale que nous trouvons aujourd'hui dans la grande majorité des organisations : informatique individuelle et totalement décentralisée, voire mobile, combinée avec un réseau mondial de transmission de données, avec des applications bureautiques standardisées, le tout utilisant de plus en plus le cloud. 1 Nouvelles technologies digitales.
Retranscription de la vidéo BIG DATA : 3V Un système Big Data se caractérise généralement par trois V et deux rythmes d'utilisation. Nous nous focalisons ici sur les trois V : 1. V comme dans Volume 2. V comme dans Variété 3. V comme dans Vélocité Volume L'aspect volume est le plus évident lorsqu’il est question de Big Data. Après tout, c’est dans le nom : « Big » ! En général, on commence à parler de Big Data lorsque plusieurs téraoctets de données doivent être traités. Les fournisseurs prétendent qu'ils peuvent gérer les exaoctets. Qu’est-ce que cela veut dire ? L’unité de base est un octet. Un caractère, par exemple, correspond à un octet. ● Il faut environ 1000 octets pour obtenir un kilooctet, ● environ 1000 kilooctets pour un megaoctet, ● et environ 1000 megaoctets pour un gigaoctet. Nous sommes habitués aux kilos, megas et gigaoctets. ● Il y a environ 1000 gigaoctets dans un téraoctet, ● environ 1000 téraoctets dans un petaoctet, ● environ 1000 petaoctets dans un exaoctet. Un exaoctet est donc l’équivalent d’un milliard de gigaoctets… donc 1 milliard de milliards d’octets… c’est énorme ! On parlera de Big Data à partir de téraoctets. 1.
Voyons à quoi correspondent ces grands nombres au travers de deux exemples : ● Walmart est le leader mondial de la grande distribution. Quand ils ont terminé leurs courses, les clients passent en caisse… générant plus d'un million de transactions clients par heure. Chacune de ces transactions génère des données. Ces données sont importées dans des bases de données estimées à plus de 2,5 pétaoctets. C’est parmi les plus grands ensembles de données détenus par un acteur privé. ● En France, le système de sécurité sociale gère le remboursement partiel des dépenses de santé de tous les Français. L’ensemble des données stockées est de l’ordre de 500 téraoctets. Ce sont deux exemples de ce qu’on appelle le déluge de données. Traiter de tels volumes de données a nécessité le développement de nouvelles approches informatiques. Le principal problème n'est pas de stocker ces données, mais de pouvoir rechercher un sous-ensemble de données, selon certains critères, dans un délai raisonnable. Variété V comme variété concerne les types de données qui peuvent être traitées. On distingue deux principaux types de données : ● Les données structurées, ● et les données non structurées. Les données structurées sont celles auxquelles nous sommes habitués dans un contexte d'affaires : elles sont structurées en tableaux et proviennent généralement d'une extraction de base de données traditionnelles. Par exemple, dans un service des ressources humaines, nous pouvons produire la liste des employés. Dans cet exemple, le tableau correspondant se compose de 4 colonnes. Chaque colonne est associée à un champ donné : Nom, Prénom, Date de recrutement, Salaire. Nouvelles technologies digitales 2.