Anatomie_de_l_Absurde

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Scene 1 (0s)

[Virtual Presenter] « Je vais vous parler d'un jeudi après-midi. On était au café, Adel et moi. On refaisait le monde — comme on le fait depuis des années. Les couloirs, les réunions, les chefs, les dossiers perdus, les primes promises. Les décisions prises par des gens qui n'étaient pas dans la salle. ».

Scene 2 (20s)

[Audio] « À un moment, je pose ma tasse. "Wellah tu as de quoi écrire un livre." Je rigolais à moitié. Lui aussi. Ce soir-là, il a commencé à noter. Une situation. Deux. Dix. Et là, il s'est rendu compte d'un truc. Ce n'était pas un livre. C'était douze. ».

Scene 3 (37s)

[Audio] « Parce que l'absurde qu'on vit dans nos organisations — et je pèse le mot : absurde, pas comme une insulte, mais comme un diagnostic — cet absurde-là est organisé. Il a des catégories. Il a une architecture. ».

Scene 4 (53s)

[Audio] « Il y a l'absurde de la réunion convoquée sans ordre du jour, tenue sans décision, close sans suite. Il y a l'absurde du budget : on demande deux cents, on espère cent vingt, on obtient quatre-vingt-cinq, on en dépense soixante, on redemande en novembre. Il y a l'absurde du dossier administratif qui naît un mardi, est déclaré incomplet le mercredi, réapparaît le jeudi avec une pièce supplémentaire que personne n'avait demandée — et est accepté six semaines plus tard pour une raison qui ne sera jamais communiquée. ».

Scene 5 (1m 26s)

[Audio] « Ce n'est pas de la malchance. Ce n'est pas une fatalité algérienne. C'est documenté. C'est théorisé. C'est prévisible. Mintzberg l'a écrit. Crozier l'a écrit. Kahneman l'a écrit. Ils n'avaient juste pas nos bureaux. Nos dinars. Notre semaine du dimanche au jeudi. Adel, lui — il a tout ça. ».

Scene 6 (1m 48s)

[Audio] « La série s'appelle Les Chroniques de l'Absurde Ordinaire. Douze volumes. Un seul regard sur l'organisation algérienne — pas depuis les slides de présentation, pas depuis les valeurs affichées sous verre dans le couloir du deuxième étage. Depuis l'intérieur. Depuis vingt ans d'observation de ce qui se passe vraiment. ».

Scene 7 (2m 8s)

[Audio] « Le premier volume vient de sortir. Il s'appelle Le Bureau des Illusions Perdues — Manuel de survie en milieu organisationnel algérien. Trois parties. Quinze chapitres. Un seul diagnostic. ».

Scene 8 (2m 22s)

[Audio] « Vous voulez savoir ce qu'on y trouve ? Un directeur général adjoint. MBA de Paris-Dauphine. Certification en Leadership Stratégique. Sur son bureau : "Data-driven decisions only." Chaque lundi matin, il convoque sa directrice des opérations : "J'ai entendu dire que l'équipe commerciale est démotivée." — "Ah bon ? Qui vous a dit ça ?" — "Mon chauffeur. Il a entendu le chef de zone au téléphone." ».

Scene 9 (2m 49s)

[Audio] « On est en plein dedans : des gens hyper-formés, avec des outils de pointe, qui finissent par gérer leurs représentations plutôt que leur réalité. Ce directeur existait avant vous. Il existera après vous. Ce qui change, c'est que maintenant vous avez un nom pour le reconnaître. Et reconnaître — c'est déjà résister. ».

Scene 10 (3m 11s)

[Audio] « Les onze volumes qui suivent iront plus loin. Plus profond. Dans la salle de réunion. Dans la salle de contrôle. Dans le couloir où se décident les choses qu'aucune procédure ne couvre. Un livre après l'autre — La Réunion, Le Budget, Le DRH qui ne connaît personne, Manuel de l'Incompétent Performant, L'Auditeur, Ce que WhatsApp a fait au Management — la série construit une cartographie de ce qui se passe vraiment. ».

Scene 11 (3m 36s)

[Audio] « L'ironie est l'outil. L'ancrage algérien est la condition. La rigueur intellectuelle est l'exigence. Et le plaisir de lire est la seule obligation. ».

Scene 12 (3m 47s)

[Audio] « Ce jeudi après-midi au café — je ne savais pas que je lançais quelque chose. Maintenant je sais. Les Chroniques de l'Absurde Ordinaire. Tome I disponible maintenant. Un café. Une phrase. Douze livres. C'est comme ça que ça commence. ».