LA GALERIE CÉCILE FAKHOURY Un pôle de promotion de l’art contemporain africain N°014 Mars-Avril-Mai 2026 La Côte d’Ivoire en miniature ! Pour qui veut comprendre l’histoire de la Côte d’Ivoire, Dimbokro demeure un lieu incontournable où l’héritage colonial se conjugue avec la richesse des cultures locales. La ville incarne un exemple vivant d’interactions entre tradition et modernité..
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4 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 SOMMAIRE Directeur de la Publication Léon Anjorin Koboudé Directrice de la Publication déléguée Oumy Ndour Rédacteurs Charles-Andy Adjanohoun - Blaise Viwami Omar Dia - Zeyna Tibs - Jesdias Likpété Igor Kouton Conseillers à la Rédaction Luc Aimé Dansou - Robert Brazza-Nganga Rodrigue Hodé - Cyprien Koboudé Photographes Erick-Christian Ahounou - Valentin Salako Direction artistique & Mise en page Isidore C. Aza | +229 01 97 58 10 67 REPRÉSENTATIONS Afrique Centrale GRIFF COMMUNICATION Cameroun [email protected] Burkina Faso CSK CONSEILS | [email protected] Côte d’Ivoire Ousmane Karimou | +225 01 01 71 26 64 France INGENIERIE & CONSEIL SAS - 1, Rue Henri Deloison 95130 Franconville La Garenne Togo STANDARD COMMUNICATION Boulevard Jean-Paul II, Nukafu AEROPORTS MAGAZINE D’AFRIQUE est édité par MINDO CONSULTANTS, imprimé à 10.000 exemplaires Gérant Léon Anjorin Koboudé Directrice commerciale, Stratégie & Relations Clients Séphora Laurie ADOMOU Siège : Maro militaire, rue 203, proche Bâtimat, Cotonou IFU : 3201810276211 RCCM : RB /COT/18 B 21416 [email protected] Tél : +229 01 97 53 55 95 WhatsApp : +336 51 15 46 55 www.aeroportafricamag.com 05 07 08 09 13 17 22 24 26 32 41 42 EDITORIAL ICÔNES Hommage à Boncana Maïga, fi gure majeure des musiques africaines Gadji Celi Lancement des festivités de 40 ans de carrière CULTURE Galerie Cécile Fakhoury au cœur de la promotion de l’art contemporain africain Entretien avec FAT Touré, Mannequin et actrice « J’adore incarner des personnages complexes… » Le monde salue la mémoire de l’actrice Khalima Gadji ESCALE Hausse des dépenses des visiteurs dans les villes hôtes pendant la Coupe d'Afrique des Nations TotalEnergies CAN Maroc 2025 CAN 2025 Deuxième sacre du Sénégal, un levier exceptionnel de soft power pour le pays DESTINATION Dimbokro, Cité patrimoniale au cœur du N’Zi Dimbokro et Saint-Louis Deux ponts de l’histoire coloniale BIEN ETRE Pourquoi la protection solaire est indispensable… même à l’ombre JEUX Quiz Le village artisanal de Soumbédioune, vitrine du savoir-faire sénégalais Adama Coulibaly, maire de la ville de Dimbokro : « Notre ambition est que le tourisme soit un pilier central de la prospérité future de Dimbokro » 19 34.
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 5 L e Musée des civilisations noires à Dakar, la Fondation Zinsou à Cotonou, quelques ga- leries de renom à Abidjan… Dans les centres urbains, notamment les principales villes africaines francophones, les musées se comptent sur les doigts d’une main. Et pourtant ils devraient être de principales attractions pour les touristes qui débarquent directement souvent dans les capi- tales. Intégrer la visite des musées dans le parcours au cœur de nos villes devient une belle aubaine d’élargissement de l’offre touristique. En plus de quelques monuments historiques qui jalonnent déjà nos capitales, il faut penser maintenant à l’in- vestissement dans la construction des musées re- présentatifs. Étant un lieu de conservation du patrimoine cultu- rel, le musée est un symbole du passé et de la di- versité culturelle. En valorisant le patrimoine, il est une excellente attraction touristique et contribue à l’éducation. Son atout en tant que levier écono- mique n’est plus à démontrer dans un contexte où le secteur culturel est devenu un facteur de déve- loppement réel d’un pays. Impulser une nouvelle dynamique pour un pro- gramme muséal ambitieux dans les pays africains nécessite des investissements conséquents avec des ambitions qui doivent aller au-delà des coopé- rations ponctuelles avec des partenaires techniques et fi nanciers. L’état des lieux des musées, vieux de quelques décennies, n’est pas reluisant avec des infrastructures défaillantes, des objets culturels en péril et la faible fréquentation du public. Le développement des infrastructures dans nos capitales africaines offre un contexte favorable à l’émergence des musées urbains. Le cadre est déjà attractif, il faut maintenant des politiques ambi- tieuses pour faire du musée un moteur détermi- nant dans le tourisme culturel. La richesse de notre histoire devrait être d’ailleurs la première matière dans la réalisation de cette vision. Où sont nos musées urbains ? Mot de la Rédaction.
6 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 6 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026.
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 7 L e Maestro Boncana Maïga, décédé le samedi 28 février 2026, à 77 ans, a été conduit à sa dernière demeure le dimanche 1er mars à Bamako au Mali. La cérémonie funéraire a eu lieu à Bacodjicoroni Golf, à son domicile. La levée du corps et l’inhumation se sont déroulées en présence de plusieurs personnalités, notamment le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, ainsi que de l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga. Parents, proches, artistes et acteurs du monde culturel, venus du Mali et d’ailleurs, ont également effectué le déplacement pour rendre un dernier hommage à celui qui aura permis de révéler plusieurs talents des musiques africaines. Le Malien Boncana Maïga est considéré comme le maestro de la fusion afro-cubaine. Figure de la musique africaine ayant lancé, formé ou accompagné plusieurs artistes du continent africain, comme l'Ivoirienne Aicha Koné, le Congolais Koffi Olomidé ou encore l'Ivoirien Alpha Blondy, il a marqué plusieurs générations d’artistes et de mélomanes. « Apprendre la musique pour l'enseigner aux autres et mettre les arrangements au service des artistes africains pour leur donner une autre dimension. C'est ce que j'ai fait », résumait-il lors d'une interview à TV5MONDE en 2018. Né à Gao, dans le nord du Mali en 1949, il s’impose très tôt comme l’un des talents les plus prometteurs de sa génération en intégrant le Négro Band de Gao, formation emblématique du Mali post- indépendance. Dans les années 60, il obtient une bourse pour étudier la musique à La Havane, à Cuba. Avec 12 musiciens cubains, Boncana Maïga Hommage à Boncana Maïga, fi gure majeure des musiques africaines revisite le répertoire de Las Maravillas du Mali. En dehors de son pays, il marqua la promotion musicale dans plusieurs pays du continent africain. En Côte d’Ivoire, il enseigna la musique. Outre l'enseignement, il dirigea l’orchestre de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI). Boncana Maïga va s'imposer comme l'un des arrangeurs les plus talentueux. En 1992, il co-fonde le projet Africando qui connaît un succès international en associant voix ouest-africaines et instrumentation salsa. Il a également connu une belle aventure télévisuelle en tant que producteur et animateur de l’émission « Stars Parade », diffusée sur TV5, mettant en lumière la diversité des musiques africaines. L’homme laisse derrière lui une famille triste, mais surtout un immense patrimoine musical et artistique. (Avec Agences).
8 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 Gadji Celi : Lancement des festivités de 40 ans de carrière C ’est par un grand concert que l’artiste chanteur et ancien footballeur ivoirien Gadji Celi entamera la célébration de ses 40 ans de carrière. Le spectacle est prévu le 4 avril 2026 à l’esplanade du Palais de la Culture à Abidjan. L’équipe de l’artiste annonce plusieurs surprises à ce spectacle qui s’annonce comme le premier d’une série d’événements marquant cette longévité des tubes du chanteur-footballeur. Passionné de musique dès son jeune âge, Gadji Celi commence à chanter en 1986 pour soutenir l'équipe nationale. Il compose et interprète plusieurs titres à l'occasion des Coupes d'Afrique des Nations : Allez les éléphants 1 Caire 86, Allez les éléphants 2 Maroc 88, Allez les éléphants 3 Alger 90 et Allez les éléphants 4 Sénégal 92… La carrière footballistique de Gadji Celi débute en 1980 au Stella Club d'Adjamé, où il passe deux saisons avant de rejoindre l'ASEC Abidjan en 1983. En 1986, il tente une aventure en France en signant au FC Sète en deuxième division, où il reste trois saisons. Il fut l’emblématique capitaine de l'équipe de Côte d'Ivoire, qui remporta son premier sacre en Coupe d'Afrique des Nations de football en 1992, au Sénégal. Après avoir raccroché les crampons, Gadji Celi se consacre pleinement à la musique. Il sort de nombreux albums à succès, dont "Éléphant story" (1993), Affaires de femmes (1996), Femme de feu (2000), Accra 2008 (2008), Y a rien dans jalousie en duo avec Rocky Gold (2015) et Besoin d'amour en duo avec Nesly (2015). En 2016, il sort l'album Points Sensibles et le single Décalé Sérieux. Avec des chansons « indémodables », l’artiste a une place spéciale dans le cœur des mélomanes africains et ivoiriens en particulier..
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 9 Culture Galerie Cécile Fakhoury au cœur de la promotion de l’art contemporain africain Présente à Abidjan, Dakar et Paris, la Galerie Cécile Fakhoury fait partie des acteurs majeurs de la promotion de la création africaine sur le marché de l’art contemporain. Par Zeynab Tibs.
10 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 Culture Faç ade Galerie Principale Abidjan. Cré dits Issam Zejly. Supreme Communication.
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 11 Culture Culture D u 21 février au 14 mars 2026, la Ga- lerie Cécile Fakhoury a présen- té Espace de rythmes et de si- lences, une exposition collective des artistes Assoukrou Aké, Thibaut Boue- djoro-Camus, Adji Dieye, François-Xavier Gbré, Yo-Yo Gonthier, Carl-Édouard Keïta, Ange-Frédéric Koffi , Marie-Claire Messou- ma Manlanbien, Vincent Michéa & Sadikou Oukpedjo. Selon la note de présentation de l’exposition, celle-ci « se veut une invitation à sonder, au contact des œuvres, les im- perceptibles variations de nos intériorités ». Une exposition à succès qui répond juste- ment à la mission de la Galerie qui porte le nom de sa fondatrice : œuvrer à la promo- tion de l’art contemporain sur le continent africain. Elle offre une visibilité́ à la créa- tivité́ et à la diversité́ artistique contem- poraine en Afrique à travers sa program- mation d’expositions monographiques et collectives, mais aussi par sa participation aux foires et biennales internationales et par ses collaborations avec des galeries étrangères..
12 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 Culture C’est le 15 septembre 2012 que voit le jour la Galerie sur le boulevard Latrille dans la commune de Coco- dy, à Abidjan en Côte d’Ivoire. En 2018, elle inaugure un nouvel espace à Dakar au Sénégal. A partir de mars 2020, elle dé veloppe le Project Space à Abi- djan, espace dé dié à une programmation prospec- tive. En octobre 2021, la Galerie Cé cile Fakhoury ouvre un nouvel espace d'exposition dans le quar- tier Matignon et est établie désormais dans un showroom, dans le 7è me arrondissement, acces- sible sur rendez-vous. La Galerie travaille avec des artistes qui s’affran- chissent des frontières et refusent la stigmatisation géographique. « Observateurs d’un monde dont ils sont les contemporains, ces artistes portent un re- gard é clairé et critique sur notre socié té . La diversité de leurs gestes esthé tiques, mouvements engagé s pour se saisir des complexité s de l’histoire, contri- bue à l’é criture d’une mé moire vive de leurs pays et nous pousse à reconsidé rer notre lien au monde » précise une source proche de la structure culture. Cécile Fakhoury, une femme du monde de l’art ! Cécile Fakhoury connait son sujet et exprime une passion pour l’art contemporain africain. Elle a grandi et travaillé dans le monde de l’art. Avant de fonder la sienne, elle a travaillé pour plusieurs galeries. Si elle s’investit dans la promotion de la création artistique africaine, c’est parce qu’elle est convaincue des talents sur le continent qui mé- ritent davantage de visibilité. Pour elle, l’Afrique doit écrire elle-même l’essor de son propre art. Elle encourage ainsi des collectionneurs ou de simples passionnés du continent à contribuer à la structu- ration d’un vrai marché de l’art contemporain lié à la création africaine. Pour l’instant, on peut bien af- fi rmer que Cécile Fakhoury montre l’exemple. Cé cile Fakhoury Cré dits - Issam Zejly Supreme Communication Vue de l'exposition 'Au-delà du jardin, il y a la mer', Elladj Lincy Deloumeaux (Abidjan, 2024) _ Cré dits - Issam Zejly _ Supreme Communication.
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 13 Culture Mannequin dès l'école, avec une carrière internationale de quinze ans. Que vous a apporté cette expérience, humainement et professionnellement ? Cette expérience a été ma première grande école. Humainement, elle m’a appris la discipline, la pa- tience et surtout l’ouverture au monde. Voyager très jeune, côtoyer des cultures différentes, m’a donné une grande capacité d’adaptation. Professionnellement, cette carrière m’a apporté une grande confi ance en moi et m’a appris à sup- porter les regards. J’ai également appris la rigueur, le sens du détail et la gestion de la pression. Être mannequin, ce n’est pas seulement porter un vête- ment, c’est savoir le mettre en valeur, le faire aimer et le faire vendre. Le mannequinat m’a aussi appris à m’exprimer sans parler, à raconter une histoire juste avec une démarche, une posture et un regard. Ce sont des bases qui me servent encore aujourd’hui. Journaliste de formation, passée par les médias avant d’être révélée au cinéma en 2019. À quel moment le jeu d’actrice s’impose-t-il comme une évidence ? Je crois que cela s’est fait naturellement. Le jour- nalisme m’a appris à écouter, à observer, à com- prendre les émotions humaines et aussi à m’expri- mer. Un jour, on m’a proposé un rôle, et après lecture du scénario, je me suis dit : “pourquoi pas?”, surtout que je suis un peu la comédienne de ma famille (rire). Je pouvais m’amuser à être une autre personne, parfois tout le contraire de moi-même. Faire croire, « J’adore incarner des personnages complexes… » Mannequin internationale, journaliste de formation, actrice révélée en 2019 et entrepreneure dans l’immobilier, Fat Touré incarne une trajectoire faite d’audace et de réinvention. Première actrice francophone nominée à l’AFRIFF 2025, l’Ivoirienne revient sur ses rôles marquants, ses choix de carrière et sa vision d’un cinéma africain plus authentique, loin des clichés. Propos recueillis par Yélian KPEDE Entretien avec FAT Touré, Mannequin et actrice par le jeu, que l’on est quelqu’un d’autre, c’est quand même fort et extraordinaire.(rire). J’ai aussi découvert un univers où je pouvais réunir tout ce que j’avais appris : l’image, la parole, l’émo- tion. À partir de là, jouer n’a plus été une option, mais une évidence..
14 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 Culture Mannequinat, médias, puis cinéma. En quoi ces expériences nourrissent-elles aujourd’hui votre travail d’actrice ? Chacune de ces étapes m’a construite. Le manne- quinat m’a donné la maîtrise du corps et de l’image, les médias m’ont appris l’écoute et la narration, et le cinéma m’a offert la profondeur émotionnelle. Trois univers, trois en un… C’est simplement ma- gique!!! Aujourd’hui, je ne vois pas ces expériences comme des chapitres séparés, mais comme un ensemble qui nourrit ma manière d’aborder chaque rôle. Dans un milieu aussi exigeant que le cinéma, le doute existe-t-il encore pour vous ? Bien sûr. Je pense qu’une actrice qui ne doute plus cesse d’apprendre. Le doute fait partie du métier et même du processus créatif. Et c'est bien, moi il me permet de rester exigeante avec moi-même, de ne jamais me reposer sur mes acquis. L’essentiel est de ne pas laisser le doute paralyser, mais au contraire de l’utiliser pour progresser et se surpasser, afi n de toujours donner le meilleur au public et à toutes ces personnes qui m’aiment et m’encouragent. Certains personnages laissent plus de traces que d’autres. Lesquels vous ont le plus ressemblé ou le plus bousculé ? Chaque rôle m’a transformée à sa manière, mais certains m’ont particulièrement marquée par leur intensité. Je pourrais citer mon rôle dans Sacrée belle-mère, dans Les Coups de la vie, où je devais incarner une belle-mère acariâtre, très méchante, totalement à l’opposé de ma personnalité. Ohlala ! Cela m’a valu des messages drôles et des remontrances du pu- blic qui pensait que c’était la réalité (rire). Mais aus- si beaucoup de félicitations, ce qui prouvait que le rôle avait été bien interprété. Et dans 3 Cold Dishes, un long métrage où je devais jouer un gangster, un garçon manqué endurci par la vie, j’ai dû me raser les cheveux pour camper ce personnage de folie… et cela m’a valu un prix. J’adore les personnages complexes, ceux qui portent des blessures ou des combats intérieurs. Ce sont eux qui me bousculent le plus. Ils m’obligent à aller chercher en moi des vérités parfois inconfor- tables, à me surpasser, et c’est cela que j’aime dans ce métier : sortir de l’image de la jolie femme gla- mour et surprendre. Le cinéma façonne des imaginaires. Quel rôle les.
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 15 Culture actrices ont-elles, selon vous, dans la manière de représenter les femmes aujourd’hui ? Nous avons une responsabilité immense. Les ac- trices participent à construire l’image de la femme dans la société. Il est important de montrer des femmes fortes, vulnérables, ambitieuses, impar- faites, réelles. Plus nos personnages seront variés et authen- tiques, plus les jeunes fi lles pourront se reconnaître et croire en toutes les possibilités qui s’offrent à elles. Tout est possible pour une femme, car elle est plus forte qu’elle ne l’imagine. Elle doit foncer, mais sans jamais oublier ses valeurs ni piétiner ses principes pour qui ou quoi que ce soit. Elle doit en tout temps et en tout lieu se respecter et l’imposer. Une reine doit rester droite et toujours servir d’exemple. Avec le recul, y a-t-il des rôles que vous refusez désormais d’incarner ? Oui. Je n’aime pas juste paraître pour paraître, ou apparaître dans tout et n’importe quoi simplement pour être vue. Je choisis davantage mes projets. Je refuse les rôles qui montrent de la nudité gra- tuite, ceux qui enferment la femme dans des cli- chés ou qui ne respectent pas mes valeurs. J’ai besoin que chaque personnage ait du sens, une histoire à défendre, une dignité. Le succès n’a de valeur que s’il est en accord avec ce que je suis. Être la première actrice francophone nommée à l’AFRIFF en 2025 marque un tournant. Comment avez-vous vécu ce moment ? Je l’ai vécu avec beaucoup d’émotion et de grati- tude. C’était plus qu’une reconnaissance person- nelle, c’était aussi une victoire symbolique pour le cinéma francophone africain. Je me suis sentie fi ère de représenter toute une génération et de montrer que nos talents ont leur place sur toutes les grandes scènes internationales. Cela prouve qu’une fusion des deux mondes, anglo- phone et francophone, est possible et gagnante, et que le talent n’a pas de frontière. Ce fut un moment très fort pour moi. En plus de cette nomination, il y en avait une autre aux AMAA Awards au Nigeria dans la catégorie Meilleure Ac- trice, et un couronnement au Ghana où j’ai été élue Meilleure Actrice parmi de grands noms du cinéma que j’admirais depuis toujours. Ce furent des moments intenses et inoubliables. Tout est possible, et je remercie Dieu..
16 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 De Le Ticket à tout prix à 3 Cold Dishes, deux rôles primés. Qu’est-ce qui les relie, selon vous ? Ce sont deux personnages très différents, mais ils ont en commun d’appartenir à des longs métrages forts. Ces deux fi lms; Le Ticket à tout prix, que j’ai coproduit, et 3 Cold Dishes, ce blockbuster panafricain; m’ont chacun valu le prix de Meilleure Actrice. Le premier au SOTIGUI AWARDS à Ouaga- dougou, un événement que je respecte énormément car il valorise les acteurs du continent, et le second au Ghana au REFFA AWARD, un grand rendez-vous du monde anglophone.Je suis heureuse et reconnais- sante que chaque rôle ait reçu l’apprécia- tion du public et des prix. Je profi te de cette belle occasion pour remercier toutes ces personnes qui apprécient et encouragent mon travail : c’est le plus beau des prix. À celles qui sentent qu’elles ne sont plus à leur place mais hésitent encore à changer de voie, que direz-vous aujourd’hui ? Je leur dirais qu’il faut essayer, ne jamais se dire “je ne pourrai pas”, et ne jamais avoir peur de tenter et de vouloir réussir saine- ment. J’ai été top model, je suis actrice, présenta- trice et entrepreneure dans l’immobilier, la décoration et la construction, un domaine très masculin qui me passionne depuis pe- tite. J’accompagnais mon père sur les chantiers, et je n’ai pas eu peur de passer du monde glamour à la poussière des chantiers, avec de grands projets réalisés avec fi erté. Cela ne m’empêche pas de vivre toutes mes passions avec joie et amour. Je leur dirais donc d’écouter cette petite voix intérieure. Rien n’est plus coûteux que de rester là où on ne s’épanouit plus. Le changement fait peur, mais il est sou- vent le début d’une vie plus alignée. Oser partir, c’est déjà commencer à se choisir. Et se choisir, c’est le premier pas vers la réus- site. Culture.
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 17 Culture TOURIS� SPECIALE ACTRICE KHALIMA GADJI ���������������� ������������������ ���������������������� ���������������������� ��������������������������������������������� ������������������������������������������������ ��������������������������������������������������� ���������������������������������������������� �������������������������������������������������� ������� PROPOS RECUEILLIS PAR LÉON ANJORIN KOBOUDÉ ����������������������������������������������������� ���������������������������������������������������������� Nous les artistes, nous avons souvent des agendas de travail décalés. Ce n’est pas toujours évident de dégager un temps de grandes vacances. Mais oui, moi, je m’orga- �����������������������������������������������������- tant pour l’équilibre. ���������������������������������������� C’était à Dakar au Sénégal. Comme d’habitude, j’y ai ����������������������������������������������������� pour revoir des parents et des amis. C’était d’agréables vacances. ��������������������������������������������������������� ����������������������������������������� Beaucoup de sites touristiques. L’Afrique est un beau continent, riche de son histoire et de sa culture. J’avoue Khalima Gadji, l’étoile filante… Telle une trainée de poudre, la mauvaise nouvelle du décès de Khalima Gadji, mannequin et actrice sénégalo-maroco-algérienne, 36 ans, s’est répandue dans le monde. Décédée à Dakar le 25 janvier 2026 des suites d’un malaise, elle est connue pour avoir joué le rôle de Marème Dial dans la série Maîtresse d’un homme marié produite par Marodi. L’actrice a également joué dans d’autres fi lms et séries africains à succès. Les critiques du cinéma l’ont présentée à plusieurs reprises comme une nouvelle fi gure imposante du septième art africain. En hommage à la comédienne, la Rédaction d’Aéroports Magazine d’Afrique republie cet entretien paru dans le 2ème numéro de la Revue fi n 2022..
18 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 Culture que j’ai été séduite par Windhoek en Namibie, un pays très beau et en pleine croissance économique. Dans ce pays, ils ont une faune extraordinaire, avec des pay- sages qui retiennent vraiment votre attention. Il y a aussi Kinshasa en RDC, avec ses réserves d’animaux. Des adresses qui valent vraiment le détour si vous êtes en va- cances. Je le recommande aux gens qui aiment vraiment la nature. �������������������������������������������������������� ������������������������������ Evidemment Dakar ! (Sourire). Cela dit, je recommande vivement de visiter les sites touristiques à Windhoek et à Kinshasa. Même si je sais que dans chaque pays africain, il y a toujours une raison de marquer une pause, quand on y passe des vacances. L’Afrique est une terre touris- tique. ������������������������������������������������������ ��������������������������������������������������������� ���������� �������������������������������������������������������� de la célébrité. Mais le moment venu, on s’y adapte. Il faut absolument garder la gentillesse pour mettre à l’aise les fans. C’est grâce à eux que nous sommes cé- lèbres. L’humilité et un bon entourage permettent de gérer ces moments. ������������������������������������������������������������ ��� �������� ������� �� ���������� ��� ���������������� ���� ������������������������������� Ce fut une expérience. Il faut noter que cette série a ré- uni des acteurs sénégalais, ivoiriens, gabonais, came- rounais, congolais, etc. Du coup, c’était un partage d’ex- périences extraordinaire. J’ai eu la chance d’avoir joué avec des acteurs généreux et des équipes techniques formidables. ���������������� �������������������� �����������������������.
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 19 Escale En bordure de l’océan Atlantique, le long de la corniche ouest de Dakar, le village artisanal de Soumbédioune s’impose comme un incontournable lieu de la création sénégalaise. Entre éclats de couleurs et bruissement des ateliers, ce site emblématique est un détour incontournable pour les visiteurs de la capitale sénégalaise. Par Igor Kouton Le village artisanal de Soumbédioune, vitrine du savoir-faire sénégalais C réé en 1961 pour structurer et mettre en valeur le travail des artisans locaux, ce village artisanal rassemble des dizaines d’ateliers où se côtoient sculpteurs, bijou- tiers, maroquiniers, tisserands, peintres, vanniers etc. Des bois d’ébène habilement travaillés et sculp- tés, des bijoux en argent bien ciselés, des batiks aux teintes vibrantes, des objets en cuir travaillés à la main : ici, chaque pièce raconte une histoire, celle d’un héritage transmis de génération en généra- tion. Devant son atelier où sont entassés des cuirs, Pape Diédhiou manipule avec soin un sac à main.
20 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 pour homme qu’il vient de confectionner. « Je suis sur les derniers détails de la fi nition », lance-t-il. Et c’est l’une des étapes les plus importantes, ajoute le quinquagénaire. Avec sa main droite, il transperce les bordures du sac en cuir posé sur ses genoux et, d’un tour de main agile, il fait passer l’aiguille et le fi l pour coudre les dernières parties de ce sac qu’il dit avoir mis six jours à réaliser. « Vous voyez ? C’est cette partie qui me prend le plus de temps », fait savoir Pape. Soumbédioune n’est pas uniquement un centre commercial. C’est un lieu de vie et de transmission de savoirs. Dans les allées, les visiteurs peuvent observer les artisans à l’œuvre, découvrir des techniques traditionnelles et discuter directement avec les créateurs. Cette proximité donne une dimension humaine et authentique à l’expérience, loin des circuits commerciaux standards. « C’est ici que j’ai appris à faire ce travail », confi e Pape Diédhiou avant d’ajouter que cela fait 19 années Escale.
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 21 Escale qu’il fabrique et vend ses objets dans ce village artisanal. À quelques pas, le marché aux poissons rappelle que Dakar est d’abord une ville tournée vers la mer. Les pirogues très colorées reviennent de mer, les pêcheurs et mareyeurs déchargent les prises du jour, et la vie s’écoule avec intensité. Cette proximité avec le marché aux poissons, autre site incontournable de la capitale, permet au village artisanal d’attirer aussi bien les Dakarois que les touristes. Il constitue souvent une étape privilégiée pour les visiteurs désireux de rapporter un souvenir fait localement. Pour Malang Mané, artisan sculpteur que nous avons retrouvé en pleine négociation de prix avec un touriste, cet emplacement est l’un des atouts du village artisanal. « Quand les touristes visitent le vieux quartier de la Médina, ils ne peuvent s’empêcher de faire un détour par ici », se réjouit-il. En cette fi n d’après-midi, dans cette période de Ramadan, les visiteurs ne se bousculent pas au portique du village artisanal. Porte-clés accrochés à l’un de ses doigts, Inès se faufi le entre les étagères et les allées des boutiques. Venue visiter Dakar pour la première fois, cette ivoirienne, trentenaire, a entendu parler du village artisanal. « Le guide qui nous fait visiter les quartiers de Ouakam et des Mamelles m’a parlé de ce village d’artisans », confi e-t-elle. Après quelques minutes de balades et de discussions avec certains artisans, elle a fi ni par s’offrir des porte-clés fabriqués avec des matériaux de récup (NDRL, des capsules de bières). « J’ai vu qu’il y a de très beaux objets et je vais sûrement revenir avant mon départ », ajoute la visiteuse. Au-delà de son attrait touristique, le village artisanal joue un rôle économique et social majeur. Il contribue à la création d’emplois, soutient l’entrepreneuriat local et participe à la valorisation des métiers d’art. Dans un contexte où la mondialisation tend à uniformiser les productions, Soumbédioune apparaît comme un lieu où l’identité culturelle sénégalaise est encore très vivante..
22 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 Escale.
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 23 Dépenses du quotidien Les dépenses à domicile ont également augmenté, avec une hausse de 55 % des livraisons de repas et des courses alimentaires durant la période du tournoi. Selon Ismahill Diaby, Vice Président Afrique de l'Ouest et Centrale francophone et lusophone, « Ces tendances de consommation témoignent d'une forte activité dans des catégories clés pendant le tournoi, notamment la croissance des dépenses transfrontalières, largement portée par les visiteurs de Côte d'Ivoire, du Sénégal et de la RDC. Les données révèlent également une hausse des séjours courts, des dépenses sportives et des achats du quotidien. Elles offrent un aperçu précieux de la manière dont les supporters et les visiteurs ont consommé durant l'événement. » Pour Nicolas Khoury, Senior Vice Président et Head of Visa Consulting & Analytics pour la région CEMEA, « Les données recueillies pendant la compétition permettent de mieux comprendre l'évolution des comportements de consommation lors des grands événements. Ces analyses aident les émetteurs et les commerçants à concevoir des solutions, des campagnes et des offres plus ciblées, en phase avec les besoins réels des clients. Chez Visa Consulting & Analytics, nous transformons ces données en stratégies concrètes pour aider nos partenaires à identifi er de nouvelles opportunités et à offrir des expériences plus pertinentes. » Pour rappel, les équipes en compétition pour la TotalEnergies CAF AFCON, Maroc 2025 sont : le Maroc, le Sénégal, l'Égypte, l'Algérie, le Nigeria, la Tunisie, la Côte d'Ivoire, le Mali, la RDC, le Cameroun, l'Afrique du Sud, le Burkina Faso, le Gabon, l'Ouganda, l'Angola, la Zambie, le Bénin, la Guinée équatoriale, le Mozambique, les Comores, la Tanzanie, le Soudan, le Zimbabwe et le Botswana. Le Retail Spend Monitor de VCA est produit par Visa Consulting & Analytics et analyse l'ensemble des activités liées au commerce de détail, aux voyages et aux expériences pendant la période de la Coupe d'Afrique des Nations (AFCON), du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026. L'analyse repose sur un sous-ensemble de données VisaNet, complété par des estimations issues d'enquêtes pour les autres moyens de paiement. Hausse des dépenses des visiteurs dans les villes hôtes pendant la Coupe d'Afrique des Nations TotalEnergies CAN Maroc 2025 Un communiqué de Visa (www.VISA.com), leader mondial des paiements numériques, publié en février 2026, révèle ses dernières analyses des dépenses de consommation relatives à la période du tournoi TotalEnergies CAF AFCON, Maroc 2025 (du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026), en utilisant le Retail Spend Monitor de l'équipe Visa Consulting & Analytics. L es analyses mettent en évidence une crois- sance annuelle des transactions transfron- talières, soulignant l'impact des grands évé- nements sportifs sur les fl ux touristiques et les comportements de consommation. Rabat enre- gistre la plus forte progression, avec une hausse de 70 % des dépenses des visiteurs durant la période du tournoi. Les dépenses liées au sport augmen- tent de 45 %, tandis que les livraisons de repas et les achats alimentaires à domicile progressent de 55 %. Le communiqué révèle que les dépenses entrantes ont augmenté pendant le tournoi, avec une progression de plus de 190 % des transactions transfrontalières en provenance des pays participants (sur une base annuelle), principalement portée par les visiteurs en provenance de la Côte d'Ivoire, du Sénégal et de la République démocratique du Congo. À eux seuls, les visiteurs en provenance de ces pays ont représenté plus de 60 % de la croissance. Tous marchés confondus, les visiteurs en provenance de la France, des États- Unis et du Royaume-Uni ont représenté près de la moitié de la hausse totale. Tendances de voyage et de séjour Dans le prolongement de cette hausse de l'activité transfrontalière, les dépenses des visiteurs de courte durée (1 à 4 jours) issus des pays participants ont augmenté de 120 %, tandis que celles des visiteurs de longue durée (5 jours et plus) ont progressé de 210 %. Les six villes hôtes ont enregistré une augmentation des dépenses entrantes sur l'ensemble des marchés visiteurs, avec Rabat (+70 %), Tanger (+55 %) et Casablanca (+50 %) affi chant les hausses les plus signifi catives. Dépenses liées au sport Les dépenses liées au sport ont également progressé de 45 % sur la période, soutenues par une augmentation des achats de produits dérivés par les supporters et par une activité accrue dans les clubs sportifs. Par Igor Kouton Escale.
24 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 turée, capable de gérer les temps forts comme les moments de diffi culté. Cette victoire est le fruit d’un travail de long terme depuis l’époque d’Aliou Cissé ». Le parcours très remarquable des Lions de la Teranga dans cette CAN est aussi souligné par Mamadou Kane, journaliste, manager sportif et P our Chérif Sadio, directeur du développe- ment, des stratégies et des partenariats de l’Institut Diambars et de Diambars Football Club, le parcours des Lions lors de cette CAN refl ète une continuité plutôt qu’un abou- tissement isolé. « On a vu une équipe mature, struc- CAN 2025 Deuxième sacre du Sénégal, un levier exceptionnel de soft power pour le pays Le 20 janvier 2026, les Lions du Sénégal étaient accueillis en liesse par des milliers de supporters à Dakar lors d’une caravane mémorable. Cette caravane fait suite à leur sacre, le 18 janvier à Rabat au Maroc, en fi nale de la Coupe d’Afrique des Nations. Cette deuxième étoile glanée par l’équipe nationale du Sénégal ne fait pas seulement entrer le pays dans la catégorie des multiples vainqueurs de la plus grande compétition de football en Afrique. Par Igor Kouton Escale.
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 25 Escale membre de la plateforme sportive Meilleur Joueur du Monde. « Déjà, sortir premier d’une poule avec la RDC et le Bénin en encaissant qu’un seul but et en ne perdant aucun match, c’est très fort. En phase à élimination directe, sortir le Soudan en encaissant le premier but, le Mali dans un match bourbier, l’Égypte, sept fois champion d’Afrique et battre le pays hôte dans les conditions que l’on connaît. Pour moi, ce deuxième trophée continental a une saveur particulière et rien que les histoires qui y sont ra- contées rendent ce titre iconique ». Cette victoire, la deuxième pour l’équipe du Séné- gal, fait passer un autre cap au Sénégal. « La deu- xième étoile fait changer le Sénégal de statut. On passe d’un champion confi rmé à une référence durable du football africain, puisque nous gagnons dans toutes les catégories », souligne Shérif Sadio. Pour lui, cela implique davantage d’exigence, de responsabilité et aussi d’attractivité. Pour le tou- risme, cette deuxième étoile est une opportunité à exploiter. « Cette deuxième victoire constitue un levier exceptionnel de soft power pour le Sénégal », fait savoir Shérif Sadio qui, par son rôle à l’institut Diambars, travaille dans la structuration de projet économique, sportif et éducatif, le développement des mécanismes économiques et sportifs, et des partenariats stratégiques tant au niveau national qu’international. Plus loin, le directeur du développement, des stratégies et des partenariats de l’Institut Diam- bars pense que sur le plan du branding national, la victoire des Lions offre une opportunité rare de construire un narratif positif et cohérent autour de la marque Sénégal, en articulant football, culture, hospitalité, créativité et innovation, même si cela jusque-là n’a pas été fait. « Le sport peut vraiment devenir une véritable porte d’entrée vers d’autres secteurs, notamment le tourisme, à travers l’orga- nisation d’événements sportifs internationaux, de stages et académies de football, ou encore de cir- cuits touristiques thématiques liés à l’histoire et aux icônes du football sénégalais », explique-t-il. Sur le plan économique, Shérif Sadio met en pers- pective de nombreuses opportunités ; l’améliora- tion de l’attractivité du pays pour les investisseurs si les autorités mettent en place les mécanismes, le développement de l’économie du sport au cas où l’Etat ose se réinventer, la création d’emplois dans l’événementiel, les médias, le marketing sportif et les industries créatives. Il pense, toutefois, que ces opportunités ne pourront se concrétiser qu’à condition qu’une coordination étroite se crée entre l’État, la Fédération, la Ligue professionnelle, le sec- teur privé et les acteurs du tourisme. « La victoire sportive agit comme un accélérateur, mais elle ne peut produire d’impact durable sans une stratégie multisectorielle clairement défi nie », fait-il noter. En attendant de capitaliser sur cette deuxième étoile, le prochain défi pour l’équipe nationale du Sénégal est le mondial 2026 qu’accueillent les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. « Ils seront très attendus par le grand public au vu de leur parcours au Maroc et de leur nouveau statut », rappelle le journaliste sportif Mamadou Kane. Le journaliste croit également qu’ils sont grandement armés pour faire un tournoi remarquable en Amérique du Nord. « Dans ce nouveau format à 48 équipes, on se rapproche plus d’un mini championnat, donc il faut être très solide mentalement. Une qualité dont a fait preuve cette équipe du Sénégal depuis qu’elle a à sa tête Pape Bouna Thiaw », conclut-il. Chérif Sadio, directeur du développement, des stratégies et des partenariats de l’Institut Diambars et de Diambars Football Club.
26 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 Pour qui veut comprendre l’histoire de la Côte d’Ivoire, Dimbokro demeure un lieu incontournable où l’héritage colonial se conjugue avec la richesse des cultures locales. La ville incarne un exemple vivant d’interactions entre tradition et modernité. Dimbokro, Cité patrimoniale au cœur du N’Zi Par Jesdias LIKPETE Destination S ituée à environ 240 km au nord d’Abidjan, capitale économique, et à 80 km au sud-est de Yamoussoukro, capitale politique, Dimbo- kro est le chef-lieu de la région du N’Zi. Sa position géographique, au cœur du pays, lui a valu d’être longtemps un carrefour stratégique, à la fois centre « Dimbokro, entre le N’Zi et le chemin de fer ».
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 27 Destination Aujourd’hui, les cultures vivrières comme le manioc et l’igname constituent l’essentiel des productions locales, assurant l’autonomie alimentaire des fa- milles paysannes. Une Côte d’Ivoire en miniature Bien que majoritairement baoulé, Dimbokro re- fl ète à elle seule la diversité de la Côte d’Ivoire. La ville rassemble presque toutes les grandes ethnies du pays, mais aussi une forte communauté étran- gère. Ghanéens, Burkinabè, Maliens ou Béninois y vivent depuis plusieurs générations. Leurs ancêtres étaient venus comme ouvriers agricoles, commer- çants ou employés de l’administration coloniale. Beaucoup ne sont jamais repartis, et leurs descen- dants sont aujourd’hui pleinement intégrés au tis- su social ivoirien. Le marché, refl et de la vie sociale Pour saisir l’âme de Dimbokro, il faut passer par son marché, qui s’anime tous les cinq jours. C’est le cœur battant de la ville, lieu d’échanges, de ren- contres et de brassage culturel. Paysans et com- merçants de toute la région y vendent leurs pro- duits dans une ambiance animée, où l’odeur des épices et le brouhaha des négociations composent une scène typiquement ivoirienne. Malgré un incendie dévastateur il y a une dizaine d’années, dont les stigmates restent visibles, le marché a conservé sa vitalité. On y trouve aussi une production artisanale riche : pagnes tissés, objets de vannerie, sculptures sur bois et bijoux tradition- nels, notamment réalisés par les artisans baoulés réputés pour leur savoir-faire. administratif, foyer industriel et relais commercial. Fondée sur les rives du fl euve N’Zi, la ville cosmo- polite s’est forgée une identité singulière au croi- sement des cultures et des routes marchandes. À l’entrée, un jardin public soigné accueille les visi- teurs. En son centre, une mosaïque lumineuse aux couleurs nationales proclame « J’aime Dimbokro ». Devenue un symbole de fi erté locale, elle attire dé- sormais chaque voyageur pour la photo souvenir. Les premières maisons en briques et en tôles rap- pellent une cité marquée par son passé industriel et ses luttes pour la modernité. À peine franchies les premières rues, les visiteurs découvrent les ves- tiges de l’ancienne Union industrielle textile de Côte d’Ivoire (UTEXI), usine emblématique qui fi t jadis la renommée économique de la ville. Le relief particulier de Dimbokro, fait de petites hauteurs et de cuvettes, donne au paysage urbain un charme pittoresque. Ses rues droites et bien tracées, en grande partie bitumées, facilitent la cir- culation entre les quartiers. Villas modernes, bâti- ments coloniaux et anciens logements sociaux des cheminots ou des ouvriers d’usine se côtoient, of- frant une lecture visuelle de l’histoire sociale et éco- nomique de la cité. Surnommée par ses habitants « la cité du bonheur partagé et du soleil radieux », Dimbokro est réputée pour être la ville la plus chaude de Côte d’Ivoire. Les visiteurs sont invités à prévoir des vêtements légers pour supporter la chaleur parfois accablante. Jadis, la région fut l’un des hauts lieux de la production de café et de cacao, ce qui lui valut le surnom de « boucle du cacao ». Mais l’appauvrissement pro- gressif des sols a déplacé cette zone vers l’Ouest. L'hôtel de ville de Dimbokro.
28 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 E n pays baoulé, la danse est omniprésente. À Dimbokro, chaque célébration s’accompagne de rythmes et de chorégraphies. On y re- trouve le « Adjanou », le « Sékédi » ou le « Kôtou » (danses de réjouissance), le « N’dolo » et l’ « Akpa- toué » (danses funéraires), ou encore le « Kpalikla », danse guerrière spectaculaire. Mais la plus emblé- matique reste sans doute le « Goly ». Cette danse masquée, héritée des Wan, se distingue par son intensité. Entre pas rapides, coups de fouet et apparitions de masques bigarrés, le spectacle captive autant qu’il impressionne. Le danseur Goly porte un masque en forme de tête de buffl e, croco- dile, etc., et est vêtu d’une cape en peau d’antilope posée sur un épais manteau de fi bres de feuilles de palmier fraîches ou autre. Il porte également une jupe tressée en raphia et des grelots attachés à Destination Danse « Goly », un spectacle masqué ses chevilles. Si les femmes peuvent participer aux premières minutes, elles se retirent aussitôt que les masques surgissent, conformément au rituel. Dans la région du N’Zi, le village de Kouadio-Et- tienkro, situé à environ 30 km de Dimbokro, est le gardien exclusif de ce patrimoine. C’est là que les rites, masques et techniques du « Goly » sont trans- mis de génération en génération. On peut aussi as- sister à des représentations lors des fêtes locales, où les danseurs du « Goly » sont régulièrement invités. Selon le récit du chef adjoint de Kouadio-Ettienkro, l’adoption de cette danse fut le fruit d’âpres négo- ciations avec les Wan. Depuis, le « Goly » fait par- tie intégrante de l’identité culturelle de Dimbokro et demeure l’une des expériences les plus mar- quantes pour qui veut découvrir la richesse des tra- ditions ivoiriennes. Des danseurs du "Goly" à Kouadio-Ettienkro.
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 29 Destination Le Cimetière des martyrs, pour mémoire À la périphérie du centre-ville, le Cimetière des martyrs rappelle le prix payé par Dim- bokro dans la lutte pour l’émancipation na- tionale. Ce site sobre et solennel honore la mémoire de 14 manifestants tués le 30 janvier 1950 lors d’une répression coloniale sanglante. À Dimbokro, le bâtiment de la sous-préfec- ture demeure un symbole administratif hérité de la période coloniale. Il a abrité les services de l’administration locale à partir de 1961, avant d’être ravagé par un incendie en mars 2024. Le sinistre a provoqué d’importants dégâts ma- tériels, entraînant notamment la perte de plu- sieurs registres de l’état civil. Si le service public Ce jour-là, le leader local du RDA-PDCI, Koné Sam- ba Ambroise, est arrêté pour avoir défendu le boy- cott des produits coloniaux. Sa mise aux arrêts provoque un rassemblement de plus de 3 000 personnes. Face à cette mobilisation, les forces co- loniales ouvrent le feu. Le bilan offi ciel fi t état de a repris depuis, grâce à l’aménagement en 2025 d’un local sur le site, la mairie, avec le soutien du ministère de la Culture, a inscrit la réhabilita- tion du bâtiment principal parmi ses priorités. Pour les autorités communales, l’enjeu est double : préserver l’histoire que porte cet édifi ce et en faire également une attraction touristique pour la ville. Sous-préfecture : un héritage colonial.
30 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 14 morts, 50 blessés et 20 arrestations. Les victimes furent inhumées dans une fosse commune, faisant à jamais de ce drame une partie importante de lutte pour la libération nationale. Le cimetière, aménagé par le PDCI-RDA, aligne au- jourd’hui les tombes des martyrs aux côtés de celle de Samba Koné Ambroise. Une plaque commémo- rative mentionne leurs noms et villages d’origine, rappelant l’ampleur du sacrifi ce. Chaque année, autorités politiques, familles et anonymes viennent se recueillir dans ce lieu de mémoire, faisant du ci- metière un espace à la fois historique et civique. I naugurée en 1910, en même temps que le pont métallique, la gare ferroviaire de Dimbokro fut pendant longtemps l’un des poumons écono- miques de la région. Elle est le symbole de l’époque où le chemin de fer rythmait la vie de la cité, reliant les producteurs de café, de cacao et de vivriers aux marchés d’Abidjan et au-delà. « Cette gare a été, par le passé, au cœur de la vie économique et sociale de la ville de Dimbokro », confi e Tipi Dacoury, directeur de la radio locale « La Voix du N’Zi ». En effet, la gare n’était pas seulement un point de transit, elle était un lieu de vie, de ren- La gare ferroviaire, témoin d’un âge d’or contres, de départs et de retours, véritable carrefour des espoirs et des échanges. Aujourd’hui, le bâtiment a perdu de sa superbe. Le transport de passagers y a cessé, et seules quelques pièces servent encore de bureaux au chef de gare et à ses adjoints. Le site n’est pas totalement silen- cieux. Régulièrement, tous les bruits de la ville sont supplantés par les siffl ets des trains de la SITARAIL qui continuent de transporter des marchandises vers le Burkina Faso. Malgré son état actuel, la gare garde un potentiel patrimonial fort. Le cimetière des martyrs de Bimbokro Destination.
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 31 À Dimbokro, la radio locale « La Voix du N’Zi » résonne depuis plus de vingt ans et joue un rôle de véritable lien social et culturel. Créée en 1999 dans le cadre de la libéralisation de l’espace audiovisuel ivoirien, elle émet sur la fréquence 89,8 FM, couvrant un rayon de 50 kilomètres, à vol d’oi- seau. Voulue par le conseil municipal comme un outil de proximité, la station a pour mission, selon son actuel directeur Tipi Dacoury, de promouvoir la culture, d’accompagner le développement local et d’informer les habitants sur les actions des institu- tions. Sa ligne éditoriale repose sur trois piliers : la santé mère-enfant, la lutte contre la pauvreté et la culture de la paix. Avec une quinzaine de collaborateurs, la radio a su fi déliser son public grâce à des émissions phares comme Tingué Tingué (matinale interactive), Fon- di Magazine (découverte culturelle et musicale) ou encore Santé au soleil. Avec le soutien du ministre-maire de la ville, Adama Coulibaly, la station se prépare à monter d’un cran dans sa présence dans le quotidien des Dimbokro- foè avec la construction d’un ambitieux bâtiment moderne, « la Maison de la Radio », appelé à devenir un repère culturel et même touristique. « La Voix du N’Zi », la radio qui fait vibrer Dimbokro Destination.
32 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 Impossible d’évoquer Dimbokro sans penser à son pont métallique. Véritable icône du patrimoine historique ivoirien, ce monument centenaire relie les deux rives du fl euve N’Zi. Dimbokro et Saint-Louis Deux ponts de l’histoire coloniale Par Jesdias LIKPETE C onstruit à partir de 1908 par la Régie des chemins de fer Abidjan-Niger et inaugu- ré en 1910, le « viaduc du N’Zi » a permis à la voie ferrée de franchir le fl euve pour atteindre la gare de Dimbokro, inscrivant ainsi la ville dans le réseau ferroviaire commercial reliant Abidjan à l’intérieur du pays, puis au Burkina Faso. Avec ses 250 mètres de long et sa charpente mé- tallique soutenue par six arches impressionnantes, le pont attire encore aujourd’hui les regards. De Le Pont métallique, joyau centenaire de Dimbokro Destination.
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 33 chaque côté des rails, deux allées piétonnes per- mettent aux Dimbokrofoè de traverser le fl euve sans recourir aux pirogues. La traversée à pied ne se fait que pendant que le train ne passe pas. Fragilisé par l’affaissement d’une travée lors du passage d’un train de marchandises, l’ouvrage a bénéfi cié d’une réhabilitation en 2016. Désormais consolidé, il demeure un symbole de résilience et de fi erté locale, régulièrement photographié par les visiteurs. Le pont métallique de Dimbokro rappelle celui de Saint-Louis, au Sénégal. Tous deux témoins de l’his- toire coloniale française en Afrique de l’Ouest, le pont de Dimbokro et le pont Faidherbe partagent une esthétique industrielle dite « Eiffel », tout en ayant des trajectoires techniques très différentes. D’une longueur de 511 mètres et d’une largeur de 6,20 mètres, avec deux allées piétonnes de part et d’autre de l’édifi ce, le pont Faidherbe a été construit en 1865. Il repose sur des piles fondées sur caissons de fonçage et enjambe le fl euve Sénégal. Sa struc- ture supérieure est composée de sept arches qui surplombent le fl euve. L’ouvrage est au cœur de la vie urbaine de Saint-Louis, puisqu’il relie l’île au continent. Si ce dernier est un monument routier embléma- tique et patrimonial majeur du Sénégal, le premier a marqué l’essor du chemin de fer ivoirien et de- meure un symbole de l’intégration économique régionale entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Le pont métallique permet aux habitants de franchir le fl euve N’Zi à pied Le pont Faidherbe, un des ouvrages routiers les plus emblématiques du Sénégal Destination.
34 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 aux visiteurs ? Je voudrais vous remercier pour cette question en lien avec le passé de Dimbokro. En effet, cette ville est effectivement un berceau historique et culturel Dimbokro est une ville historique, avec une riche diversité culturelle et patrimoniale. Quelles sont, selon vous, les principales attractions touristiques que votre ville offre actuellement Adama Coulibaly, maire de la ville de Dimbokro « Notre ambition est que le tourisme soit un pilier central de la prospérité future de Dimbokro » Le maire de Dimbokro, Adama Coulibaly, par ailleurs ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, mise sur la valorisation des sites emblématiques de la ville, la promotion de ses traditions et une modernisation ambitieuse des infrastructures. À travers le plan « Dimbokro Renaissance », la commune entend attirer aussi bien les voyageurs que les investisseurs. Une stratégie qui place le tourisme au cœur de son développement économique et de son rayonnement futur. Propos recueillis par Jesdias LIKPETE Destination.
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 35 de premier plan en Côte d’Ivoire. Notre ville offre aux visiteurs un patrimoine unique, alliant histoire, nature et traditions vivantes. Parmi nos principales attractions, nous comptons des sites historiques emblématiques tels que le Pont métallique du N’Zi (réplique du pont Faid- herbe de Saint-Louis au Sénégal, inauguré en juil- let 1865), un ouvrage centenaire classé patrimoine historique datant de 1910, l’ancienne gare ferro- viaire coloniale, symbole de l’époque de la Régie Abidjan-Niger (RAN), la Résidence du premier pré- sident Félix Houphouët-Boigny, et le Cimetière des Martyrs, lieu de mémoire sacré pour notre nation. Notre patrimoine naturel est tout aussi remar- quable, avec le fl euve N’Zi, idéal pour la détente et les excursions en pirogue, et le Parc National d'Aza- gny à proximité. Enfi n, la richesse de la culture s’exprime à travers les villages traditionnels, la danse Goly du village de Kouadio-Ettienkro, l’artisanat des potières de Kangrassou Aluibo, et notre grand marché animé où l’on découvre les produits vivriers et l’artisanat local. Pour accueillir nos visiteurs, nous disposons d’in- frastructures d’accueil de qualité et d’une vie cultu- relle dynamique, portée par la Radio locale « La Voix du N’Zi ». Comment la ville de Dimbokro met-elle en valeur ses sites emblématiques, comme le Pont métallique, la gare ou encore le cimetière des martyrs, auprès des touristes nationaux et internationaux ? La valorisation de notre patrimoine est l’une de nos priorités, et cela mobilise une stratégie à plusieurs facettes. Nous travaillons en étroite collaboration avec la Direction Départementale et Régionale du Tourisme pour intégrer ces sites dans des circuits touristiques, notamment des circuits de mémoire. À cet effet, des initiatives sont en cours pour amé- liorer leur accessibilité et leur signalétique. La promotion passe également par un travail mé- Destination.
36 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 diatique et digital. C’est pourquoi nous utilisons activement les réseaux sociaux, notre radio locale « La Voix du N’Zi » et les médias nationaux pour faire connaître ces lieux. Notre vision à moyen terme est encore plus am- bitieuse. À cet égard, l’élaboration d’un guide tou- ristique, la création d’un site web dédié à la desti- nation Dimbokro et la participation à des foires et salons nationaux et internationaux seront mises en œuvre pour asseoir notre notoriété. La ville est à un carrefour entre l’histoire et la modernité. Quelles actions concrètes entreprenez-vous pour préserver le patrimoine historique de Dimbokro tout en encourageant le développement touristique ? Notre approche est justement de concilier harmo- nieusement préservation de la tradition et moder- nisation. Plusieurs actions concrètes sont menées. Ainsi, certains bâtiments historiques ont été cédés à l’administration publique, comme celui qui abrite le siège du district autonome des Lacs, pour une gestion préservée. La mairie entretient également des lieux de mémoire comme la stèle des anciens combattants. Nous autorisons une utilisation commerciale rai- sonnée de certains sites, à condition de ne pas alté- rer leur architecture historique, afi n de leur insuffl er une nouvelle vie. Au-delà des pierres, nous préservons le patrimoine immatériel. La construction prochaine de la maison des chefs de villages servira de point de conver- gence pour la préservation des us et coutumes. L’instauration d’une conférence des chefs et l’orga- nisation d’une journée annuelle des communautés visent à consolider notre riche tissu social et cultu- rel. Enfi n, des projets de réhabilitation, comme celui de l’ex-hôtel SIETHO, et la valorisation du fl euve N’Zi s’inscrivent dans cette dynamique de développe- ment touristique durable. La danse Goly est un élément fort de l’identité culturelle du village de Kouadio-Ettienkro. De quelle manière la ville soutient-elle ou envi- sage-t-elle de soutenir les événements culturels Destination.
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 37 et les traditions locales pour attirer et enrichir l’expérience des touristes ? La danse Goly est un joyau du patrimoine culturel du peuple Agba et une attraction majeure pour notre département. Notre soutien aux traditions lo- cales est actif et palpable. La mairie soutient fi nancièrement, par des subven- tions annuelles, des festivals qui mettent en valeur ces traditions, tels que le N’Zi Festival et le Festival ORAD. Nous organisons et soutenons également des événements populaires comme les feux d’arti- fi ce du Nouvel An, les concerts de fi n d’année, les fêtes de l’igname et les intronisations de chefs tra- ditionnels. À travers la commission sport et culture de la Mai- rie, nous travaillons à recenser et promouvoir sys- tématiquement toutes les danses et expressions culturelles de la Commune pour les intégrer à une offre événementielle riche et variée. Notre vision stratégique est de développer une in- dustrie culturelle et touristique locale stable, four- nissant un environnement attractif pour les artistes et les touristes, et d’apporter un soutien multiforme aux initiatives communautaires pour que la culture soit un pilier de notre développement économique. Dimbokro est en transition, et des projets de dé- veloppement sont en cours. Pouvez-vous nous en dire davantage sur les projets spécifi ques qui visent à faire de Dimbokro une destination plus accueillante pour les touristes ? Notre ambition est matérialisée par le « Plan Di- mbokro Renaissance », une feuille de route ambi- tieuse pour transformer notre commune. Pour les touristes, les projets sont nombreux et structurants. En termes d’infrastructures et de cadre de vie, je pourrais vous citer l’embellissement de la ville avec l’aménagement d’espaces verts et de parcs urbains, ainsi qu’un accent particulier mis sur la salubrité, avec en ligne de mire la création d’une brigade de salubrité pour renforcer la gestion des déchets. La modernisation des voiries est en marche, avec le bitumage intensif des rues dans les quartiers afi n d’améliorer l’accès et la mobilité. Nous ambitionnons la valorisation du N’Zi par la ré- habilitation des berges et un projet de construction Destination.
38 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 d’un nouveau pont métallique pour désenclaver une rive, dans le but de favoriser l’émergence d’une ville nouvelle. En ce qui concerne l’accueil et les services, des ac- tions sont en cours en vue du renforcement des in- frastructures hôtelières et touristiques, de la réha- bilitation et de l’équipement du Centre hospitalier régional pour en faire un pôle de tourisme sanitaire attractif pour toute la région. La construction d’une gare routière moderne et la modernisation des gares existantes sont également en cours. En termes d’offre culturelle et de promotion, nous prévoyons le développement de l’industrie cultu- relle, la création d’un site web promotionnel, d’un guide touristique, la construction d’un complexe sportif ainsi que la réhabilitation des aires de jeux. En termes de développement économique, quels secteurs la ville de Dimbokro cherche-t- elle à développer pour attirer non seulement les touristes, mais aussi les investisseurs et les entrepreneurs locaux et internationaux ? Notre vision est de faire de Dimbokro un hub éco- nomique régional. Pour cela, nous ciblons plusieurs secteurs porteurs, notamment la relance de l’indus- trie et de l’agroalimentaire à travers la réhabilitation de l’usine textile UTEXI, qui reste une priorité. Nous développons également un marché de gros du vivrier, une centrale d’achat de produits agri- coles, et nous modernisons nos marchés, dont le futur nouveau marché central qui remplacera l’an- cien détruit par un incendie. Le commerce et l’artisanat ne sont pas en reste. Ainsi, nous encourageons les Partenariats-Pu- blic-Privé (PPP) pour construire de grandes sur- faces commerciales et projetons la création d’un centre de formation artisanale ainsi qu’un village artisanal intégré. Quant au tourisme et à la culture, comme évoqué, nous en faisons un secteur économique à part en- tière, pourvoyeur d’emplois. Concernant les énergies renouvelables, du fait de notre fort ensoleillement, nous sommes ouverts aux investisseurs pour la construction d’une cen- trale solaire de grande capacité. Pour dynamiser ces secteurs, nous lancerons pro- chainement « La Semaine économique et cultu- relle de Dimbokro », un événement annuel emblé- matique incluant un forum économique, un village gastronomique et artisanal, ainsi qu’une compéti- tion culturelle pour attirer investisseurs et entrepre- neurs. À long terme, quelles sont les grandes ambitions de Dimbokro en tant que destination touristique ? Est-ce que la ville envisage d’organiser des événements internationaux ou de s’inscrire dans des circuits touristiques régionaux ? À long terme, notre ambition, portée par le plan « Dimbokro Renaissance 2033 », est de faire de notre ville une plateforme touristique, sportive et cultu- relle de référence en Côte d’Ivoire. Nous envisageons clairement, à cet effet, d’organi- ser des événements d’envergure et de nous inscrire dans les circuits touristiques régionaux. Plusieurs projets illustrent cette vision, dont le développe- ment du festival Éclo-Ngoa de La Voix du N’Zi en un grand événement communal mettant en avant toute la culture locale. Nous renforcerons également le soutien à notre club de football pour qu’il accède à l’élite nationale, créant ainsi un événement sportif régulier. Enfi n, la coopération internationale et le jumelage avec des villes africaines, européennes et améri- caines sont des leviers essentiels pour ouvrir Dim- bokro au monde, promouvoir notre destination à l’international et intégrer des circuits touristiques élargis. Notre ambition est que le tourisme, qu’il soit culturel, d’affaires ou écologique, soit un pilier cen- tral de la prospérité future de Dimbokro. Destination.
A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 39 DIMBOKRO en images Destination.
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A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 | 41 O n associe souvent la protection solaire aux journées de forte chaleur, aux sorties plage ou aux longues expositions en plein soleil. Pourtant, la réalité est bien différente : la peau reste exposée aux rayons ultraviolets même à l’ombre. Contrairement à une idée reçue très répandue, s’installer sous un arbre ou un parasol ne bloque pas totalement les UV encore appelés rayons ultraviolets. Les rayons traversent les nuages, se réfl échissent sur l’eau, le sable, le béton et continuent d’atteindre la peau, parfois de manière indirecte mais constante. Les UVA et les UVB sont deux types de rayons ultra- violets émis par le soleil. Invisibles à l’œil nu, ils ont pourtant des effets bien réels sur la peau. Comprendre la différence : UVA et UVB Les UVA (A comme Aging – Vieillissement) Les UVA pénètrent profondément dans la peau, jusqu’au derme. Ils sont responsables du vieillisse- ment cutané : rides, relâchement, perte d’élasticité et taches pigmentaires. Présents toute l’année, même lorsque le ciel est nuageux ou lorsque l’on reste à l’ombre, ils traversent également les vitres. Ce sont eux qui font “vieillir” la peau en silence, jour après jour. Les UVB (B comme Brûlure) Les UVB pénètrent plus en surface, au niveau de l’épiderme. Ils sont responsables des coups de soleil et des rougeurs visibles. Ils sont plus intenses en saison chaude et entre 11h et 16h. Contrairement aux UVA, ils ne traversent pas les vitres. Ce sont eux qui brûlent la peau. Si les UVB se manifestent rapidement par des signes visibles, les UVA agissent de manière plus discrète, mais tout aussi dommageable à long terme. Même les peaux foncées doivent se protéger Il est vrai que les peaux noires et mates possèdent une meilleure protection naturelle grâce à leur ri- chesse en mélanine. Cependant, cela ne signifi e pas qu’elles sont immunisées. Les taches pigmentaires, le teint irrégulier, le relâche- ment cutané ou encore la perte d’éclat concernent toutes les carnations. Bien souvent, les dommages apparaissent progressivement et silencieusement. La protection solaire n’est donc pas une question de couleur de peau, mais une question de santé et de prévention. L’exposition quotidienne : un facteur sous-estimé Conduire, marcher quelques minutes sous le soleil, travailler près d’une fenêtre… Ces expositions répé- tées, même courtes, s’accumulent avec le temps. C’est cette accumulation invisible qui contribue au vieillissement prématuré. Appliquer une protection solaire chaque matin devrait être aussi naturel que se brosser les dents, même lorsque l’on reste majoritairement à l’inté- rieur. Protéger aujourd’hui pour préserver demain La protection solaire ne sert pas uniquement à éviter les coups de soleil. Elle est l’un des gestes anti-âge les plus effi caces et les plus accessibles. Préserver l’éclat, limiter les taches, maintenir la fermeté : tout commence par une protection quoti- dienne adaptée à son type de peau. Au Jardin d’Aphrodite, nous rappelons souvent ceci : Une belle peau n’est pas seulement le résultat d’un soin en institut, mais d’habitudes quotidiennes conscientes et protectrices. Parce qu’une peau protégée est une peau qui rayonne, aujourd’hui… et longtemps. Pourquoi la protection solaire est indispensable… même à l’ombre Par Faridath Ottola Adébo, CEO de l'Institut Jardin d'Aphrodite.
42 | A É R O P O R T S M A G A Z I N E ▶ N°014 Mars-Avril-Mai 2026 Figure de médi as Quel est le pays africain dont sur le drapeau on retrouve deux lions tenant des lances Masaï et un bouclier ? Quelle est la langue la plus parlée au Sénégal ? Dans quel pays de l’Afrique de l’Ouest se trouve le village de Gogotinkpon ? Quelle est le plus grand pays d'Afrique par sa superfi cie ? Dans quelle région du Sénégal est situé le Lac rose ? Quelle est la monnaie utilisée en Tunisie ? Dans quel pays se trouve Kribi, station balnéaire réputée pour ses plages ? Dans quel pays est situé l'île Boulay ? Marrakech est la ville la plus visitée par les touristes au Maroc. Vrai ou faux ? Dans quelle ville ivoirienne se trouve le Parc national du Banco ? Parler le portugais vous aidera à visiter : Togo, Mada- gascar ou Cap-Vert ? Dans quelle ville africaine est organisé le Festival de cinéma plus connu sous le nom de Fespaco ? Le Gabon a beaucoup d’atouts pour l’écotourisme. Vrai ou Faux ? Dans quel pays se trouve le Fort de Cape Coast ? Réponses : 1) Le Kenya - 2) Le Wolof - 3) Gogotinkpon est une bourgade touristique, située à 60 km de la ville de Cotonou au Bénin, à 20 km de la ville de Ouidah en allant vers Guézin, Comè, Grand-Popo, ou Hillacondji (frontière Bénin- Togo), sur l’axe Cotonou-Lomé - 4) Algérie - 5) Dakar - 6) Le Dinar tunisien - 7) Cameroun – 8) Côte d’Ivoire 9) Vrai – 10) Abidjan en Côte d’Ivoire - 11) Cap-Vert - 12) Ouagadougou – 13) Vrai – 14) Ghana. 01 09 10 11 12 13 14 02 03 04 05 06 07 08.
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